Le Maroc lance les chantiers de cinq grands barrages pour 5,63 milliards de dirhams

Lutter contre la rareté de l’eau, une priorité

Pour faire faceau stress hydrique, le Royaume poursuit sa politique des barrages en lançant récemment les appels d’offres pour la construction de cinq grands barrages pour la bagatelle de 5,63 milliards de dirhams.

Conformément à son ambition de se protéger contre le stress hydrique qui menace sérieusement la planète, le Maroc poursuit sa politique de construction des barrages avec le lancement, mi-octobre 2021, des appels d’offres relatifs à cinq grands barrages. Ces chantiers titanesques, qui vont nécessiter une enveloppe financière de 5,63 milliards de dirhams, concernent plusieurs régions parmi les plus touchées par le manque d’eau.

Il s’agit d’Agadir, Beni Mellal, Azilal, Figuig et Settat. Promis au plus tard pour 2024, ces nouveaux barrages vont permettre à coup sûr d’accélérer la cadence du Maroc pour atteindre l’objectif des 27 milliards de mètres cubes d’eau contenus dans le dernier programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation lancé par S.M. le Roi Mohammed VI en janvier 2019.

Durant la période 2009-2020, un total de 23 grands barrages pour la somme de plus de 28 milliards de dirhams ont été lancés. Ils devraient procurer au Maroc plus de 6 milliards de mètres cubes d’eau. Pays dont l’économie est fortement basée sur l’agriculture, le Royaume nourrit l’ambition de faire face à la rareté de l’eau occasionnée par les changements climatiques.

Connu pour sa grande politique des barrages, lancée dès les années 1960 par feu Hassan II, le Maroc entame une course contre la montre pour répondre aux besoins des agriculteurs en matière d’irrigation mais également à ceux de toute la population marocaine en matière d’eau potable. Dans ce cadre, il y a lieu de citer le récent prêt de 18 millions d’euros accordé par la Banque africaine de développement à l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE). Il s’agit d’un financement additionnel pour le projet de pérennisation et de sécurisation de l’accès à l’eau au Maroc.

Essor industriel
Ce chantier fait partie du programme d’investissement de l’ONEE, approuvé par son conseil d’administration pour la période 2016-2020 et ensuite pour la période 2019- 2023. Il permettra de favoriser la gestion de la demande dans les zones fragiles, particulièrement dans le milieu rural, tout en luttant contre la pollution dans la zone de développement industriel. Le périmètre de ce projet couvre les provinces de Guercif, Zagora, Al Hoceima, Tanger et Beni Mellal.

Selon la Banque africaine de développement, la zone concernée par le projet englobe toutes les agglomérations urbaines et rurales situées dans ces régions qui connaissent un essor industriel important, avec la projection de la nouvelle ville «Mohammed VI Tanger Tech» à Tanger, le projet d’agropole de Tadla à Beni Mellal, ainsi que d’autres zones industrielles et agro-industrielles à Al Hoceima et Beni Mellal.

Ainsi, cette initiative vise à satisfaire les besoins croissants en eau potable et en eau industrielle de cette partie du Maroc jusqu’à 2040, et ce en concordance avec la stratégie du Maroc dans le secteur de l’eau à l’horizon 2040. Concernant la population bénéficiaire (des provinces de Guercif, Zagora, Al Hoceima et Beni Mellal), elle s’élève à 1,2 million d’habitants (dont environ 60% en milieu rural). Celle de la zone de Tanger est de 1,3 million d’habitants.

Ainsi, la population totale qui profitera de ce projet dépasse actuellement 2,5 millions d’habitants et sera plus de 3,3 millions d’habitants en 2040. Il n’y a nul doute que le Royaume s’active en effet sur tous les fronts pour assurer une autosuffisance hydrique et se prémunir ainsi contre tout problème lié à l’eau.