Maroc-Allemagne : Tout est bien qui finit bien ?

Avec Berlin, le Royaume semble décidé à calmer le jeu, suite aux nombreuses assurances présentées par voie officielle par les autorités allemandes.

Zohour Alaoui ne devrait donc pas s’éterniser outre-mesure au Maroc. C’est incessamment qu’elle devrait retrouver son poste d’ambassadrice du Royaume en Allemagne. Une information qui n’a, certes, pas encore été officialisée mais que diverses sources diplomatiques ont, par voie médiatique, confirmée. Et c’est d’autant plus crédible que depuis plusieurs semaines et plus particulièrement l’installation, le 8 décembre 2021, du cabinet Olaf Scholz dans le pays européen, les choses semblent s’améliorer avec ce dernier.

L’Allemagne a notamment changé du tout au tout sa position sur le Sahara marocain, dans la mesure où elle considère désormais l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région comme “une importante contribution”. Dans une lettre adressée à l’occasion du Nouvel An au roi Mohammed VI et dont la teneur a été révélée par le Cabinet royal le 5 janvier 2022, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a même qualifié cette initiative d’“effort sérieux et crédible” et de “bonne base”.

Mouvement séparatiste
Il faut dire que l’Allemagne avait été fort active, sous la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel, à l’encontre de l’intégrité territoriale du Maroc suite à la reconnaissance, le 10 décembre 2020, par les États-Unis de la souveraineté du Royaume sur son Sahara, en convoquant une réunion d’urgence au niveau du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont elle était alors membre non permanent. Le départ de Mme Alaoui pour la capitale allemande, Berlin, ne signifie pas pour autant que la crise est définitivement close, car il faudra voir si le cabinet Scholz va rester fidèle à la ligne directrice dont il se prévaut actuellement.

En outre, il faut aussi y voir un message à l’adresse de l’Espagne, où le Maroc ne dispose également plus d’ambassadeur depuis le rappel, le 18 mai 2021, de Karima Benyaich, après que la voisine du Nord a hospitalisé chez elle le secrétaire général du mouvement séparatiste du Front Polisario, Brahim Ghali, alors atteint de la Covid- 19.

Dans son discours de la Révolution du Roi et du peuple du 20 août 2021, le roi Mohammed VI avait révélé l’existence de tractations dans les coulisses, mais plus de cinq mois plus tard rien ne semble avoir vraiment changé dans le fond. Profitant d’une réception donnée le 17 janvier 2022 en l’honneur du corps diplomatique dans son pays, le roi Felipe VI d’Espagne a d’ailleurs lui-même fini par prendre de façon indirecte la parole à ce sujet, en cherchant à caresser dans le sens du poil la partie marocaine.

Le Maroc semble, pour sa part, s’attendre non pas à des déclarations d’intention mais du concret, notamment en ce qui s’agit de la marocanité du Sahara, dont c’est la colonisation, justement, espagnole qui a donné l’occasion au régime algérien de s’en servir comme d’un moyen d’affaiblissement du Royaume.