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Maroc-Allemagne: Un nouvel ambassadeur en vue?

Dès juin 2021, Thomas Peter Zahneisen devrait prendre ses quartiers pour représenter Berlin dans le Royaume. Suffisant pour aplanir les malentendus?

L’Allemagne tient, à l’évidence, à restaurer ses relations avec le Maroc. Et cela semble passer à ses yeux par la nomination d’un nouvel ambassadeur à Rabat. Selon différents médias, l’actuel titulaire du poste, Götz Schmidt-Bremme, s’apprêterait à céder sa place à Thomas Peter Zahneisen, qui a notamment servi auparavant en France et en Afghanistan mais aussi en tant que représentant permanent auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) et a maintenant la charge de la direction de l’assistance humanitaire de l’Office des Affaires étrangères allemand.

Changement qui pourrait advenir aussi tôt que le mois de juin 2021, si bien sûr le Maroc donne son feu vert. Celui-ci aurait, en tout cas, déjà été informé de la part de l’Allemagne de son intention de désigner M. Zahneisen. Cela suffira-t-il, ceci dit, pour aplanir les “malentendus profonds” entre les deux pays; malentendus auxquels avaient fait référence la lettre par laquelle le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait demandé le 1er mars 2021 au chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, et à l’ensemble des membres de son cabinet de “suspendre tout contact ou démarche avec l’ambassade d’Allemagne”?

Une victime expiatoire
Que M. Zahneisen prenne poste à Rabat ne changera, en fait, rien si son pays reste sur la même ligne envers le Maroc et continue par exemple d’attenter aussi ouvertement à son intégrité territoriale.

Il y a notamment lieu de rappeler, à cet égard, les mouvements du représentant permanent de l’Allemagne à l’ONU, Christoph Heusgen, suite à la décision du 10 décembre 2020 de Washington de reconnaître la souveraineté du Royaume sur son Sahara, en convoquant dès le lendemain une réunion du conseil de sécurité, dont il était à l’époque membre non-permanent, puis en fustigeant douze jours plus tard une initiative qui à ses yeux n’est ni “juste” ni “impartiale”.

Berlin avait aussi, dans le même sens, péché en excluant le Maroc de sa conférence du 20 janvier 2020 sur la Libye, en dépit du rôle de facilitateur joué depuis plus de cinq ans au moins par Rabat entre les belligérants libyens -c’est à Skhirat que ces derniers avaient signé leurs accords de paix, et ce le 17 décembre 2015. M. Schmidt- Bemme avait, au contraire, tenté de sauver les meubles en prenant position le 6 janvier 2021, dans une interview au média électronique Hespress, en faveur de l’initiative marocaine du 11 avril 2007 pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara.

Et il semble être, dans l’histoire, davantage une victime expiatoire. Il faut ceci dit également y voir, éventuellement, une manifestation de la part de l’Allemagne d’une volonté de travailler autrement. À voir si cela sera de nature à satisfaire le Maroc.