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Alger invite Rabat au prochain sommet arabe et complote derrière son dos

L’invitation adressée au Maroc pour participer au prochain Sommet arabe à Alger se heurte à la série de coups bas du régime algérien visant à empêcher le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume et déconstruire la coopération interarabe.

En temps normal, c’est une démarche diplomatique anodine de coutume dans ce genre d’événements. Sauf qu’au vu de l’escalade des tensions diplomatiques entre Rabat et Alger, les locataires du palais d’El Mouradia espèrent en tirer un quelconque coup de publicité teinté d’hypocrisie. Quoi qu’il en soit, officiellement, le ministre de la Justice algérien, Abderrachid Tebbi, sera dépêché au Maroc, après l’Arabie Saoudite et la Jordanie, pour leur remettre, respectivement, leur invitation au prochain Sommet arabe, prévu à Alger, le 1er novembre 2022, tandis que le ministre de l’Intérieur remettra une invitation similaire à la Tunisie et à la Mauritanie. Ce sera l’unique mission de ces émissaires du régime militaire algérien. «C’est dans ce contexte que le ministre algérien de la Justice sera reçu au Maroc», précise le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, sur un ton ferme, dans un communiqué diffusé le 7 septembre 2022. Sans préciser, pour autant, à quel niveau au Maroc le ministre algérien sera reçu.

Au cas où le Maroc se résoudrait à prendre part à ce Sommet plusieurs fois reporté, par quel moyen la délégation marocaine se rendra- t-elle à Alger sachant que les autorités du voisin de l’Est interdisent toujours aux avions civils marocains de survoler le ciel algérien? N’est-ce pas une preuve de plus de l’hypocrisie et du paradoxe du pouvoir algérien qui prône la solidarité et la coopération interarabes?

De quelle solidarité les généraux algériens parlent-ils quand ils «achètent» les services du président tunisien pour réserver un accueil officiel au chef du mouvement séparatiste en contrepartie des pétrodollars? Quant au dossier libyen, l’Algérie soutient ouvertement le gouvernement de Tripoli afin de semer la zizanie entre les protagonistes, ne serait-ce que pour contrer l’initiative de la diplomatie marocaine qui a abouti aux accords et aux compromis prometteurs de Skhirat et de Bouznika.

Quelle solidarité interarabe?
En tout cas, les tentatives inlassables d’Alger de cacher le rayonnement continental du Royaume par un tamis s’avèrent infructueuses. A preuve la solidarité témoignée par le Comité ministériel arabe chargé de faire face à l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures des pays arabes au Royaume du Maroc face à l’ingérence du régime iranien et de son allié le Hezbollah libanais dans ses affaires intérieures. C’était au Caire, mardi 6 septembre 2022, en marge de la 158ème session du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau des ministres des Affaires étrangères.

L’autre comité ministériel arabe chargé de l’action pour faire cesser les mesures israéliennes à Al-Qods occupée a salué, à la même occasion, ce qu’il a qualifié d’efforts constants du Roi Mohammed VI dans la défense de la ville d’Al-Qods Acharif. Ces déclarations et résolutions mettent à mal Alger qui, plus est, a été contrainte de faire des concessions au Caire au sujet de l’ordre du jour du prochain sommet mais aussi d’envoyer une invitation officielle au Maroc. Elle s’est vu imposer de faire l’impasse sur l’évocation de dossiers comme la réintégration de la Syrie dans le concert arabe, le conflit libyen, la guerre au Yémen, qui se poursuit depuis 2015 entre la coalition arabe et Téhéran par procuration, ou encore la normalisation de certains pays arabes avec Israël.

Au final, que reste-il à discuter lors du prochain sommet arabe? Rien ou presque. En tout cas, l’Algérie en tirera quelque bénéfice dont elle a vraiment besoin: une publicité pour sa diplomatie agonisante. Rien de plus.