Maroc-Afrique du sud: Rabat ne veut pas insulter l'avenir

La sortie du ministre des Affaires étrangères sur un journal sud-africain laisse comprendre que le Royaume est pour l’aplanissement des différends émaillant ses relations avec le pays d’Afrique australe, et notamment leurs visions divergentes eu égard à la question du Sahara marocain.

En dépit de la baisse qu’ont connue ses ventes au cours de la décennie écoulée, le quotidien The Star fait partie des journaux qui comptent en Afrique du Sud. Il faut donc saluer l’initiative prise par Nasser Bourita pour s’adresser à travers lui à l’opinion publique sud-africaine et porter à sa connaissance les véritables tenants et aboutissants de la question nationale du Sahara marocain, généralement ignorés en Afrique australe.

Dans une interview publiée dans l’édition de ce 12 septembre 2021 de la publication basée dans la ville de Johannesburg le ministre des Affaires étrangères a en effet balayé d’un revers de main l’argument algérien voulant que la population des provinces du Sud soit “opprimée” -ce qui, dans une Afrique du Sud encore marqué par l’héritage de l’apartheid, arrive souvent à faire mouche-, et rappeler “la prééminence”, au sein de la communauté internationale, de l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie.

“Depuis 2007, toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations unies), y compris la plus récente, la résolution 2548, ont soutenu l’approche marocaine,” a indiqué M. Bourita, en soulignant par ailleurs le fait que “vingt-cinq pays d’Afrique, d’Asie et des Amériques ont ouvert des consulats généraux dans les deux principales villes du Sahara marocain, Laâyoune et Dakhla”.

Processus d’intégration
En outre, le responsable a mis en cause “l’adversité” dont, “trop souvent” selon lui, fait montre le pouvoir sud-africain à l’égard du Maroc et de son intégrité territoriale, et qui va au-delà de la simple “divergence d’opinion”. Ainsi, il a précisé que le Royaume “a toujours été ouvert au dialogue”, notamment du fait que les liens entre lui et l’Afrique du Sud sont historiques: rappelons que le roi Hassan II avait, par le biais de son ministre d’État chargé des Affaires africaines, Abdelkrim El Khatib, fait parvenir au début des années 1960 des armes et de l’argent à l’ANC, le Congrès national africain, qui menait alors la bataille pour l’émancipation de l’Afrique du Sud du régime raciste en place; ce dont un certain Nelson Mandela, leader de l’organisation et futur président sud-africain, remerciera le Maroc au cours d’une cérémonie publique en avril 1995.

Pour M. Bourita, il y a donc davantage matière pour le Maroc et l’Afrique du Sud à accorder leurs violons qu’à ne pas le faire, sachant qu’en plus ils épousent des courbes similaires, puisque l’un et l’autre “sont les plus gros investisseurs du continent et les plus importants dans leurs régions respectives” d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe et que “de par leurs qualités, ils sont appelés à jouer un rôle majeur dans le processus d’intégration africaine”.

“Le Maroc et l’Afrique du Sud font partie des très rares pays africains qui disposent actuellement des outils et du savoir-faire pour répondre efficacement aux besoins du continent africain en vaccins et équipements médicaux Covid,” a-t-il également mis en exergue. Reste à savoir si le gouvernement sud-africain, mené actuellement par le président Cyril Ramaphosa -un pro-séparatiste notoire-, voudra l’entendre de la même oreille...