Le Maroc bénéficie de plus de 10 milliards de dirhams sous forme de dts du FMI

L'endettement se creuse

Le Maroc a bénéficié de sa quote-part en DTS du FMI, équivalant à 1,2 milliard de dollars, soit plus de 10 MMDH. Une nouvelle dette à un moment où les réserves en devises sont largement suffisantes.

Officiellement, le Maroc a reçu, le 23 août 2021, sa quote-part du FMI en Droits de tirage spéciaux (DTS) visant à améliorer ses réserves de devises et qui correspondent à environ 1,2 milliard de dollars américains. L’événement est passé, une fois encore, presque inaperçu comme s’il ne s’agissait pas d’un nouvel endettement qui pèsera sur les finances publiques.

Pour un pays comme le Maroc, l’avantage est qu’une fois émis, les DTS peuvent être utilisés soit en monnaie de réserve permettant de stabiliser la valeur de la monnaie intérieure ou être convertis en devises afin de financer des investissements. De plus, les DTS, dont le taux d’intérêt est proche de 0%, permettent de se procurer des devises sans avoir à payer des intérêts. Chaque pays est libre de les utiliser ou pas.

Dans le cas du Maroc, le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, a déclaré, lors du dernier point de presse organisé par la Banque centrale à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de l’année 2021 de son Conseil, que le Maroc reste rassuré par rapport à son matelas de devises, qui couvre plus de 7 mois à l’importation et qu’il devrait bénéficier encore de nouvelles entrées de devises, notamment dans le cadre de l’émission de DTS prévue par le FMI. Mais une dette reste une dette. Ce qui change, c’est juste l’appellation et la forme. Le montant des DTS alloués est inscrit au passif du bilan de la Banque centrale en tant qu’engagement à l’égard du FMI.

Un nouveau fardeau
Sachant que les réserves en devises sont satisfaisantes, ce nouvel endettement va compliquer davantage la situation du pays surtout que la dette publique globale (Trésor et établissements publics) dépasse les 100% du PIB. «Les avoirs officiels de réserve se situeraient à fin 2021 à 328,5 milliards de dirhams, ou l’équivalent de 6 mois et 25 jours d’importations de biens et services, et se renforceraient à fin 2022 à 338,6 milliards ou 7 mois d’importations de biens et services», souligne la banque centrale. Ces prévisions prennent en compte, bien évidemment, les flux prévus du financement extérieur du Trésor sans oublier les investissements étrangers et les transferts des Marocains du monde ou encore les retombées de l’opération Marhaba.

Somme toute, les 1,2 milliard de dollars en DTS que le Maroc reçus ne sont pas une aide du FMI mais bel et bien un endettement en plus. Un nouveau fardeau pour les finances publiques qui hypothèquera le présent et le futur des Marocains et entraînera, inévitablement, une inflation aux répercussions fâcheuses sur leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie.