Maria Omnès, une dame de coeur

Trente-deux ans de bénévolat sans frontière au service des Marocains de France

Déléguée régionale de la Fondation du Bénévolat en France, volontaire à plusieurs associations, à 52 ans, Maria Omnès, née Hajama, est le recours incontournable pour des milliers de Marocains en France, jeunes, étudiants, familles démunies et personnes en détresse. Son parcours atypique et sa discrétion sont exemplaires.

Le bénévolat est une seconde nature, une raison d’être et la joie de vivre pour Maria Omnès, née Hajama. Cette franco-marocaine est née à Casablanca le 20 décembre 1967. A l’âge de 6 ans, à la suite du décès de son père, elle migre en France en compagnie de sa mère et ses deux frères.

Arrivée à Toulon en 1976, elle s’est installée en 1984 à la Valette-du- Var, où elle occupe, entre autres responsabilités, de 2008 à 2014 le poste de conseillère municipale déléguée aux finances et de 2008 à 2020 le poste de conseillère municipale affaires sociales. Mère d’une fille (Sophie), Maria concilie avec sérénité et bienveillance bénévolat, mandat local, vie associative, vie de famille et vie professionnelle. Beaucoup plus en France mais aussi au Maroc, ses actions sociales et humaines, sa présence sur le terrain et son dévouement inconditionnel aux Marocains de France font parler d’elle.

Des actions qui lui ont valu des distinctions à l’Hexagone mais aussi dans son pays d’origine. Début novembre 2020, l’association «Les amis de l’établissement Louis Le Chatelier », à Sidi Slimane, partenaire privilégié de l’Institut français de la ville, lui décerne un Trophée en guise de reconnaissance de ses conseils et de son accompagnement bénévole sur les démarches juridiques et administratives visant à s’installer en France au profit de professeurs et de futurs étudiants.

Elle a reçu, aussi, la Médaille d’Honneur des services du bénévolat- Echelon or, les palmes d’or du bénévolat, en plus des trophées du Conseil National des Marocains de France et de la Maison du Maroc à Marseille. Le 10 mars 2019, madame Asma Chraïbi, directrice générale du Cabinet Conseil MDM Migration et développement, à Kenitra, lui rend hommage à l’occasion de la journée internationale de la femme en reconnaissance de son excellent et parfait parcours professionnel et de dévouement pour défendre et porter aide et assistance aux personnes en situation de vulnérabilité et de précarité. Ce n’est pas tout. Malgré toutes ces distinctions et bien d’autres, Maria est connue pour être discrète.

Disponibilité et dévouement
Souvent, c’est de bouche à oreille qu’on noue contact avec elle. Et quand on fait appel à elle, elle se montre toujours disponible, de jour comme de nuit. Anas, étudiant en deuxième année d’un Master en finance à l’université de Toulon, se rappelle encore des circonstances qui l’ont conduit à faire la connaissance de Maria. «Dès que j’ai mis les pieds pour la première fois sur le territoire français, à l’aéroport de Marseille, une bande de mineurs m’ont volé mon précieux sac qui contenait tous mes papiers d’identité et la somme de 1300 euros que mes parents m’ont donnée pour payer mon premier loyer et subvenir à mes besoins pendant mes premières semaines en France. Je me suis retrouvé sans papiers et sans argent.

Je me suis dirigé alors au Consulat du Maroc à Marseille pour leur demander ce que je devais faire et si je pouvais refaire mon passeport notamment. Le personnel consulaire était accueillant mais il m’a dit qu’il ne pouvait pas me refaire mon passeport avant de payer 120 euros. En m’apprêtant à quitter le consulat, le responsable à l’accueil me demande d’attendre et me chuchote qu’une dame nommée Maria viendra me chercher à la gare de Toulon. Une fois arrivée, elle me réconforte, m’ouvre un compte bancaire en 30 minutes et intervient auprès de la direction de ma résidence pour avoir les clés de mon logement. Elle a subvenu à mes besoins durant une longue période et m’a aidée à refaire mes papiers».

Mouncif Bouchareb, 47 ans, cadre bancaire, confie que Maria est une dame très influente et très respectée par les autorités et a un imposant carnet d’adresses des hommes d’affaires. Il raconte qu’elle a été d’un grand soutien à titre personnel et a toujours répondu favorablement aux sollicitations des personnes en difficulté ou dans le besoin qui passent par son truchement. Aussi, il se rappelle l’avoir aidée à faire la connaissance et ramener des clients importants à une filiale d’une banque marocaine à Toulon.

Le cas social de Dounia Boulaid, 38 ans, qui habite dans la commune de Cogolin, située dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est un peu différent. Sa mère, lui rendant visite en septembre 2009, tombe gravement malade. On découvre chez elle une tumeur cancéreuse en stade final. Entre confusion et désarroi, Dounia ne trouve réconfort qu’auprès de Maria, qu’elle a connue par le biais d’une proche de sa famille. Cette dernière l’aide à obtenir un titre de séjour provisoire, à lui organiser en urgence un rendez-vous avec un grand professeur spécialiste, supporte une partie des frais exorbitants de l’opération, lui collecte le reste de la somme et l’assiste jusqu’à rétablissement.

Les premiers pas de Maria dans le bénévolat débutent en 1982, à l’âge de 15 ans. Elle s’est portée volontaire pour faire l’interprète de femmes marocaines rencontrées dans son entourage familial. Très vite, elle ressent le besoin d’aider ceux qui vivent des situations difficiles.

Durant cette même année et jusqu’en 1984, Maria répond à la demande de Mme Doumergue, professeur de français à Toulon, qui cherche des volontaires pour rendre visite à des professeurs retraités, sans famille, le mercredi et le samedi après-midi.

Ses premiers pas dans le bénévolat
Devenue adulte, elle poursuit son engagement en apportant aide, écoute, conseil et soutien au service de la communauté marocaine et à tous ceux qui la sollicitent. Le tout à titre bénévole et gracieux. Elle élargit le champ de ses actions pour venir en aide aux femmes maltraitées, aux personnes âgées, aux étrangers ayant demandé le droit d’asile, aux familles demandant le rapatriement à l’étranger d’un défunt pour lesquelles elle sollicite une aide financière et les guide dans leurs démarches administratives, aux étudiants Marocains pour lesquels elle sollicite des aides financières et essaie de trouver un hébergement ou se porte caution.

Elle effectue aussi des visites aux malades dans les hôpitaux. Au Maroc, elle apporte son soutien aux plus démunis au Maroc, notamment à des femmes sans ressources à qui elle envoie des médicaments, des fauteuils roulants, et des vêtements, jouets et livres aux orphelinats de Casablanca et de ses environs, voire même de l’aide pour des interventions médicales ou chirurgicales en France ou l’aide au retour des retraités vers le pays d’origine…

Maria mène aussi un combat très personnel auprès des femmes primo-arrivantes en France afin qu’elles s’insèrent dans la société française ainsi qu’auprès de leurs époux auxquels elle explique qu’en France, la femme a les mêmes droits que son conjoint. Depuis 2008 jusqu’à ce jour, elle vient en aide aux étudiants dans leur recherche de stage et d’emploi. Elle oeuvre pour l’obtention d’aides financières par le biais du large réseau de personnes qu’elle s’est constitué au fil des années.

Au fil des années, ses actions lui valent une reconnaissance même de hauts responsables français. En janvier 2011, le général de Corps d’armée Paul Rocher, Président des Saint-Cyriens de Toulon et maire-adjoint au Sénateur-Maire de la Valette-du-Var, écrit dans une lettre: «Mme Maria conseillère municipale à mes côtés et Conseillère communautaire dans l’agglomération Toulon Provence Méditerranée se dévoue sans compter auprès des ressortissants marocains de Provence Alpes Côte d’Azur et de Languedoc-Roussillon pour les aider dans leurs démarches auprès des autorités administratives et judiciaires et auprès des organisations de services publics et privés».

Experte judiciaire près la Cour d’Appel d’Aix en Provence, traductrice-interprète du français à l’arabe littéraire et l’arabe dialectal auprès du Tribunal de grande instance de Toulon, du Tribunal pour enfants, des commissariats et de la Gendarmerie du Var, Lieutenant dans la réserve citoyenne, Présidente des Amis de la Gendarmerie de Toulon- Hyères, sa formation et son expertise juridique et judiciaire et son réseau bien étoffé à travers la France, elle le met au service des Marocains en difficulté et en mal d’insertion ainsi que tous ceux qui la sollicitent. «Je n’ai qu’une raison d’être, être utile autant que possible à ceux qui me sollicitent», ditelle.


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