MARHABA 2020 : LE GOUVERNEMENT RENONCE DÉFINITIVEMENT

En dépit des annonces dans le sens d’un début officiel le 15 juillet, Marhaba n’aurait finalement pas lieu cette année.

Une première. Organisée depuis 2004 par la Fondation Mohammed-V pour la solidarité et visant à faciliter le transit depuis l’Europe des quelque 3 millions de Marocains qui choisissent chaque été de revenir au Maroc, l’opération Marhaba aura, au final, été annulée. C’est le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui en a fait l’annonce ce 22 juin au cours du passage qu’il a effectué à la Chambre des représentants pour répondre aux questions de ses élus.

Ainsi, selon le responsable, il aurait fallu, pour maintenir Marhaba, que les préparatifs commencent dès le mois d’avril, ce qui n’a bien sûr pas été le cas du fait de la pandémie de Covid-19 qui frappe le Maroc depuis plus de trois mois. Pourtant, il y avait des raisons d’espérer pour les Marocains d’Europe qui projetaient de rentrer au bercail au cours des prochaines semaines, dans la mesure où le président du gouvernement espagnol lui-même, à savoir Pedro Sanchez, avait révélé lors d’une conférence de presse donnée en ligne le 7 juin que des concertations étaient en cours avec d’une part le Royaume et d’autre part les autres pays de l’Union européenne (UE) d’où en général affluent le plus ces Marocains.

Et c’était même tellement dans le pipe que le gouvernement local au niveau de l’Andalousie, par le biais du président de la région Juan Manuel Moreno, était régulièrement monté au créneau ces dernières semaines pour demander aussi bien au Maroc qu’à l’Exécutif de son pays de renoncer à Marhaba, en dépit des profits susceptibles d’être engrangés par les professionnels du tourisme andalou. On parlait, ainsi, de la date du 15 juillet pour le début de l’opération.

M. Moreno, comme on pouvait s’y attendre, a saluer la décision, aussitôt celle-ci rendue officielle, du gouvernement, en la qualifiant de “prudente et sensée” sur Twitter. Mais qu’à cela ne tienne: en soi, le retour des Marocains d’Europe n’est pas écarté, et dans ce sens, M. Bourita a souligné au parlement qu’“il s’agit d’un processus naturel”, le conditionnant seulement par “l’ouverture des frontières marocaines terrestres et aériennes, des mesures adoptées par les pays de transit, de la situation sanitaire nationale et internationale et du protocole sanitaire que le Maroc adoptera”. Ce qui veut dire que quand ces critères seront réunis, et ceci n’est pas irréaliste eu égard à la situation du terrain, le flux habituel depuis le Vieux Continent pourra reprendre de plus belle.

Mais encore faut-il que les concernés en aient les moyens, car la crise n’a raté aucun pays ces derniers mois, et beaucoup préféreront sans doute rester à quai pour éviter d’engager des dépenses inutiles. Pour ainsi dire, le tourisme national, qui profite de l’arrivée massive des MRE pendant l’été, est loin d’être sorti de l’auberge et devra sans doute se contenter d’abord des propres résidents du pays.


1 commentaire

  • Oussama

    24 Juin 2020

    Franchement je ne sais pas qui va payer les pots cassés de tout ce vacarme et ces indécisions gouvernementales, ce ne sera sûrement pas ceux qui décident. Je crois qu'on pousse les choses à des incertitudes économiques beaucoup plus graves que ce qu'on prévoit. Le retour de nos frères émigrés représente aussi bien une bouffée d'air économique que sociale pour les marocains et cette décision risque d'enfoncer encore plus le clou dans la blessure...

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