“Marcher sur Tindouf” et “La Mauritanie, une erreur” : La sortie d’Ahmed Raissouni provoque l’ire des voisins du Maroc

La récente sortie médiatique d’Ahmed Raissouni sur la question du Sahara marocain provoque un tollé en Mauritanie et en Algérie. Le prédicateur marocain et président de l'Union internationale des oulémas musulmans (UIOM) avait déclaré, dans une interview accordée au média en ligne marocain Blanca TV, que l’existence de la Mauritanie était une “erreur”, ajoutant que le Maroc doit retrouver ses “frontières historiques” d’avant la colonisation européenne.

“Personnellement, j’adhère à la ligne de Allal El Fassi”, a affirmé Ahmed Raissouni en faisant référence aux positions du défunt leader nationaliste et ancien patron du parti de l’Istiqlal, qui s’opposait ouvertement à l’indépendance de la Mauritanie en 1960 et affirmait que les terres du voison du sud étaient marocaines. “Les Marocains sont prêts à tout donner pour leur pays, y compris marcher sur Tindouf si le Roi lance un appel pour ça”, renchérit la figure islamiste proche du Parti de la justice et du développement (PJD), dans l’entretien mis en ligne le 2 août. 

Zeinab Bint El Taqi, présidente du groupe parlementaire d’amitié Maroc-Mauritanie, a appelé Ahmed Raissouni à présenter ses excuses, tout en qualifiant les propos du prédicateurs d’”offense envers son pays, qui sortent du cadre du respect et du renforcement des relations bilatérales aux niveaux populaire et officiel” 

De son côté, l’ancien ministre mauritanien de la Communication, Sidi Mohamed Ould Maham, a souligné dans une publication sur sa page Facebook que “quoi qu’il arrive, les liens fraternels avec le Maroc sur le plan populaire et officiel resteront toujours plus forts et résisteront aux propos de Raissouni, comme ils avaient résisté aux illusions de Allal El Fassi et aux aberration de Chabat”.

Cette polémique rappelle celle qui s’était déclenchée en décembre 2016, suite aux propos de Hamid Chabat, alors secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, sur la marocanité de la Mauritanie. Ce “dérapage” avait provoqué une profonde crise diplomatique entre les deux pays, que le Roi Mohammed VI avait vite enrayé en envoyant l'ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et Nasser Bourita, alors ministre délégué aux Affaires étrangères, porter un message à l'ex-président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.

En Algérie, le Front de libération nationale (FLN), parti au pouvoir depuis l’indépendance et vitrine politique du régime militaire, a dénoncé les déclarations “dangereuses” et "irresponsables" de Raissouni, qui “remettent en cause” la crédibilité de  l'Union internationale des oulémas musulmans.