Manuel Albares, l'homme du futur rapprochement avec le Maroc

Le nouveau ministre des affaires étrangères fait oublier aux espagnols les tares de Laya Gonzalez

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est apprécié par les Espagnols pour ses tentatives d’apaisement de la tension avec le Maroc, en dépit de la politique non-transparente du chef de gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

Le bilan des six premiers mois de José Manuel Albares à la tête du ministère des Affaires étrangères, de l’UE et de la Coopération est mitigé. Pour les Espagnols, Albares est généralement apprécié. Selon un sondage d’opinion réalisé par la société EC Report pour le compte du quotidien espagnol La Razon, sur l’ensemble des ministres du cabinet Sanchez, seules Margarita Robles, la ministre de la Défense (5,3 points sur dix), suivie de Nadia Calviño, ministre de l’Économie (4,9 points) sont les plus appréciées.

Albares, qui n’est à son poste que depuis six mois, est pourtant bien vu. Il occupe la sixième place avec 4,3 points sur un total de 22 ministres. Il supplante ainsi des ministres en exercice depuis juillet 2018, comme Luis Planas et Fernando Grande-Marlaska, respectivement chargés des ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur. La note qu’il a obtenue dépasse de loin celle obtenue en juin 2022 (2,8 points) par Laya Gonzalez, qui occupait ce poste avant lui.

Elle avait été placée au dernier rang à cause notamment de sa gestion en catimini de l’affaire de l’entrée secrète et illégale en Espagne de Brahim Ghali, le chef des séparatistes du Polisario, mais à cause de aussi de ses déclarations qui ont envenimé les relations entre Rabat et Madrid depuis et à ce jour. Depuis sa nomination le 10 juillet 2021, M. Albares a tout de même réussi, par ses déclarations, à apaiser plus ou moins la tension entre les deux pays, même s’il est encore tôt pour parler du retour à Madrid de l’ambassadrice marocaine, rappelée pour consultations depuis mai de la même année.

Sphère politique
Dans la sphère politique, l’opposition espagnole tire à boulets rouges sur M. Albares. Dans une interview accordée à Europa Press, la secrétaire de l’Internationale du PP (parti populaire), Valentina Martinez, regrette que l’arrivée d’Albares, diplomate de carrière, n’ait pas signifié de «changement surprenant» dans les grandes questions de politique étrangère pour l’Espagne telles que les relations avec le Maroc, l’UE, les États-Unis et l’Amérique latine.

De l’avis de la députée du PP, si quelque chose résume la politique étrangère du gouvernement et l’image qu’on en a, c’est la rencontre du président du gouvernement, Pedro Sanchez, avec le président américain Joe Biden qui n’a duré que 20 secondes. «L’Espagne d’aujourd’hui n’est pas respectée à l’étranger», déplore-t-elle. Concernant les relations avec le Maroc, le ministre espagnol tente de réparer ce qui a été brisé par sa prédécesseur mais il n’y parvient pas pour la simple raison que le chef de gouvernement, Pedro Sanchez, ne joue pas la transparence dans ses relations avec le Royaume et le régime algérien qui soutient les séparatistes du Polisario.