Manifestations contre la hausse effrénée des prix et l'inaction du gouvernement

Un ras-le-bol populaire


«Notre pays est agricole mais les légumes y sont chers », «Luttons contre les prix élevés, contre la corruption, contre l’appauvrissement…»… Autant de slogans qui ont été scandés par les protestataires dans plusieurs villes marocaines contre la flambée des prix.

Casablanca, quartier Derb Soltane, place Sraghna. Des dizaines de personnes de tous âges se sont rassemblées samedi 8 avril 2023 pour manifester leur ras-le-bol contre la cherté de la vie. « Nous dénonçons la politique du gouvernement qui avait promis d’être un gouvernement de l’Etat social mais qui s’avère être celui des disparités sociales », s’est insurgé Abdelkader Amri, membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT). Le jour même, des milliers de manifestants se sont également rassemblés à Rabat, Fès, Meknès, Tanger, Agadir, Marrakech, à Safi…, à l’appel du Front social, une coalition de partis de gauche, de syndicats et d’ONG de défense des droits de l’homme.

Les protestations ont eu lieu dans une cinquantaine de villes marocaines, à s’en tenir aux organisateurs de ces protestations. « La hausse des prix est une honte », « notre pays est agricole mais les légumes y sont chers », « Luttons contre les prix élevés, contre la corruption, contre la tyrannie, contre l’appauvrissement… »… Autant de slogans qui ont été scandés par les protestataires devant le parlement à Rabat.


Dans les vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, les manifestants appelaient les autorités à adopter de nouvelles mesures pour freiner la hausse des prix des matières premières et du carburant. Les manifestants ont, également, brandi des banderoles exigeant l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens et rejetant les prix élevés. Les manifestants ont exprimé fermement le rejet des justifications gouvernementales concernant les hausses des prix et revendiqué des sanctions à l’encontre de la spéculation et de l’avidité des trusts monopoleurs de marchandises.

Stabilité sociale
Ces manifestations surviennent dans un contexte de forte poussée inflationniste mettant le gouvernement sous le feu des critiques des syndicats, de l’opposition parlementaire et des médias locaux. En février dernier, le Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch avait promis des mesures pour assurer un approvisionnement normal des marchés. Il a ajouté que ces mesures auraient le mérite de stabiliser les prix des denrées alimentaires dans les semaines à venir. Malheureusement, les promesses n’ont pas été tenues. La hausse des prix a poursuivi son ascension fulgurante.

Pour Abdelaziz Belhassen, membre du bureau central de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), ces protestations est une manière de tirer la sonnette d’alarme. Il a expliqué que le Maroc de 1981, qui a vécu ‘’les émeutes du pain’’, n’a pas connu une inflation des prix aussi élevée que celle qu’on vit actuellement.

C’est un signal avant-coureur d’une grogne populaire qui risque d’exploser à tout moment, menaçant ainsi la stabilité sociale et politique du pays. Surtout après les mises en garde de deux institutions importantes, Bank Al Maghrib et le Haut-commissariat au Plan, qui ont prouvé que cette flambée générale et discontinue des prix est, en partie, due à des facteurs internes. De la spéculation et du manque de contrôle des prix de vente au public dictées par les entreprises et les intermédiaires s’entend.

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