MANIÈRES SOLDATESQUES

Depuis le début de l’invasion de Gaza, plusieurs soldats israéliens partagent sur les réseaux sociaux les vidéos des massacres qu’ils font subir à la population civile palestinienne.


Quand on possède les armes les plus sophistiquée et l’appui des USA à toutes les violations et que l’ennemi n’a que les pierres comme stratégie de contre-attaque on peut se targuer d’invincibilité et fêter avec les compagnons troupiers le nième civil tué ou la nième maison explosée. C’est caricatural mais c’est pourtant ce que révèlent les vidéos des soldats israéliens dans les réseaux sociaux.

Le New York Times a réalisé une enquête visuelle ou des soldats israéliens applaudissent la destruction des infrastructures civiles tout en se moquant des Gazaouis. Une des premières vidéos montre un soldat israélien qui lève le pouce vers la caméra alors qu’il conduit un bulldozer dans une rue de Beit Lahia en cabossant et poussant une voiture vers un bâtiment a moitié effondré. Sur la légende de la vidéo publiée sur son TikTok, on peut lire, sur fond de musique militariste : « j’ai arrêté de compter le nombre de quartier que j’ai effacé ».

Depuis le début de l’invasion de Gaza, plusieurs soldats israéliens partagent sur les réseaux sociaux les vidéos des massacres qu’ils font subir à la population civile palestinienne. Ce comportement, théoriquement non autorisé pour des raisons de perception aux yeux du public de l’image de Tsahal, offre un aperçu rare et exécrable des opérations sur le terrain. Certaines de ces vidéos ont été vues et « likées » par des dizaines de milliers d’internautes.

Le New York Times examiné des centaines de ces vidéos. Là où certaines montrent des aspects normaux de la vie d’un militaire, d’autres au contraire montrent des soldats en train de vandaliser des magasins locaux et des salles de classe rasant au passage au bulldozer ce qui paraît être des zones civiles et portant atteinte à la dignité humaine des palestiniens. Tsahal, dans un communiqué écrit a déclaré que le comportement de la force qui ressort de ces vidéos est déplorable et qu’un examen de leurs circonstances est en cours. Cette déclaration n’a pas empêché l’apparition de nouvelles vidéos plus véhémentes parfois en provenance de séquences de combats avec une perspective en provenance des caméras montées sur les casques. Une de ces vidéo et cinq autres ont été citées comme preuve dans la plainte de l’Afrique du Sud portée devant la Cour International de justice accusant Israël de génocide. Ces vidéos ont été vérifiées par le journal en dates et lieux d’enregistrement ou en confirmant que les soldats qui y apparaissaient se trouvaient à Gaza au moment de leurs mises en ligne. Aucun des soldats n’a répondu à la demande de commentaires du journal.

Le New York Times précise que l’armée israélienne a établit une base militaire le long de la côte au nord de Gaza appelée « Nova Beach » par les soldats. Cette base est la toile de fond de nombreuses vidéos examinées par le New York Times. Avant l’invasion, cette zone était faite de maisons de vacances, de serres et de champs agricoles. Devenue un champ de ruine, une maison endommagée qui s’y trouve, sert de décor délabré à une vidéo publiée par un réserviste israélien et Disc-Jockey de profession. Le clip est associé à une version parodique de la chanson israélienne « Halayla Halayla (This is my home) » figurant dans un sketch qui se moque des palestiniens.

Le même DJ reprend une autre chanson « Shtayim, Shalosh, Shager » ou « deux, trois, lancement » ou des soldats dansent devant la caméra et lorsque le mot lancement est entendu, la vidéo passe à une image d’un bâtiment gazaoui en train d’exploser. Tout cela constitue des violations illustrées du droit international, mais qui s’en soucie à l’international ?

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