Des malades COVID-19 en situation critique sous la merci de certaines cliniques privées

LE SILENCE COUPABLE DU GOUVERNEMENT

Face à la saturation de l’hôpital public, les citoyens sont livrés à la cupidité et à l’exploitation inhumaine et abusive de certains propriétaires de cliniques privées. Et c’est à la tête du client. La facture d’une semaine d’hospitalisation peut atteindre 200.000 dirhams.

Si on connait quelle autorité décide de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire et du confinement des villes et quartiers, l’on ignore tout de l’autorité qui est censée réglementer et réguler les prestations et les soins apportés par les cliniques privées. En tout cas, il ne faut pas tenir pour responsable le ministre de la Santé, qui demeure pour l’heure un simple observateur des dépassements de certaines cliniques privées qui imposent leurs propres lois pour ce qui est des tarifications de l’hospitalisation et du traitement des malades Covid-19. Il ne faut pas non plus tenir le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, pour responsable qui n’a pas oeuvré à augmenter le nombre de lits de réanimation dans le public depuis mars 2020.

Le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, semble insensible et indifférent à la question, à ce chaos qui règne sous nos cieux, malgré que les plaintes et les doléances des citoyens, doublement peinés par les souffrances de l’un de leurs proches et par les factures pharaoniques des cliniques privées, sont devenues légion ces derniers temps. Résultat: Face à la saturation de l’hôpital public, les citoyens sont livrés à la cupidité et à l’exploitation inhumaine et abusive de certains propriétaires de cliniques privées.

La vérité perdue
Et c’est à la tête du client. La facture d’une semaine d’hospitalisation peut atteindre 200.000 dirhams. Pardon, il s’agit plutôt de l’addition, car aucune clinique qui fait sa «loi» en l’absence d’une véritable nomenclature étatique de tarification des soins et des prestations liés à la Covid-19, ne délivre une facture. Normal, quand on cherche à éviter des questionnements et des contrôles notamment par rapport à la pratique d’un acompte à l’avance qui varie entre 10.000 et 40.000 dirhams! Si au début, ce qui peut être considéré comme des «allégations infondées» par certaines cliniques privées, à savoir les plaintes directes, n’existait pas, le silence est brisé par une institution qui a de la crédibilité. Saadia Moutawakil, présidente du Conseil régional des pharmaciens du Sud, a adressé, mercredi 4 novembre 2020, une plainte et une demande d’ouverture d’enquête au ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb.

La raison est le montant astronomique de la facturation par une clinique privée à Casablanca à la famille de Haddaji Said, pharmacien inscrit au Conseil régional des pharmaciens du Sud qui a rendu l’âme le 2 novembre des suites de la Covid-19, et qui a séjourné 7 jours en service de réanimation.

La présidente du conseil régional dénonce le fait que la clinique ait exigée un chèque d’avance de 40.000 DH avant la prise en charge du malade et le montant de la facture: 200.000 DH, revus à la baisse par la clinique à 140.000 DH puis à 76.000 dirhams après négociations avec la famille du défunt. La même responsable a également dénoncé que la clinique ait exigé le reliquat de 100.000 DH pour remettre la dépouille à la famille. La clinique en question nie en bloc la version du Conseil régional des pharmaciens du Sud. C’est normal. C’est son droit même.

Une chose est sûre: La vérité est perdue dans ce cas comme dans d’autres en l’absence de documents de traçabilité. Les cliniques sont en position de force, les familles des malades en position de faiblesse. Celles-ci, devant la situation critique et de détresse dans laquelle se trouvent en général leurs proches, subissent les exigences des cliniques. La loi de la jungle s’installe. A bon entendeur !.


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