Majorel, filiale de Saham et de Bertelsmann, à vendre ?

Elalamy se prépare à empocher un joli pactole

Après avoir cédé pour 1,05 milliard de dollars ses parts dans Saham Assurances au géant sud-africain Sanlam, des bruits courent quant à un projet de vente de sa filiale Majorel, codétenue à parts égales avec le groupe allemand Bertelsmann.

Moulay Hafid Elalamy n’est pas seulement ce ministre qui râle dans le parlement pour défendre ses positions quant à la gestion des dossiers relatifs aux accords de libre-échange signés entre le Maroc et les différents pays partenaires. Il est aussi ce businessman redoutable qui agit discrètement dans les affaires pour faire fructifier son argent.

Au moment où le ministre de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique use de sa force oratoire au sein d’une commission parlementaire pour évoquer ses péripéties avec son homologue égyptienne quant à l’application de l’accord de libre-échange avec l’Egypte, des bruits courent avec insistance dans les milieux financiers casablancais selon lesquels son groupe Saham, dont il est le fondateur, se prépare à vendre Majorel, sa filiale spécialisée dans la gestion des centres d’appel, codétenue avec le géant allemand Bertelsmann.

Détenue par les deux groupes à hauteur de 50% chacun, Majorel n’est pas une simple entreprise. C’est une grosse boîte qui emploie environ 70.000 personnes à travers 28 pays où elle est présente pour un chiffre d’affaires annuel de 1,4 milliard d’euros, soit environ 15 milliards de dirhams. Vendre ses parts générerait pour Moulay Hafid Elalamy un joli pactole financier qui avoisinerait 1 milliard de dollars. Il avait gagné la même somme lorsqu’il a vendu en 2019 ses parts dans Saham Assurances au géant sud-africain Sanlam, pour 1,05 milliard de dollars.

Enorme plus-value
Si des sources au sein de Saham Finance, holding qui détient Majorel, se sont empressées de démentir une telle vente, d’autres parlent d’un projet imminent d’introduction en bourse. Une opération qui devrait se réaliser sur une bourse étrangère et devrait permettre de renforcer les capitaux de la société maroco-allemande, mais surtout d’obtenir une forte valorisation de l’action de l’entreprise. Nombreux sont ceux qui pronostiquent une sortie prochaine de Saham du capital de Majorel une fois que l’action de celle-ci aura gagné en valorisation après son introduction en bourse.

Cela garantira à coup sûr une énorme plus-value pour son actionnaire marocain. Majorel est née en 2019 d’une association actionnariale entre Saham Finance et le groupe allemand Bertelsmann. Mais l’activité de centre d’appel du groupe Saham avait été lancée par Moulay Hafid Elalamy, dix ans plus tôt, en 1999 par la création de sa société Phone Assistance. Une affaire devenue aujourd’hui très grande à travers laquelle le ministre espère dans le futur proche réaliser un coup financier important.