Madani El Mezouari El Glaoui, Le grand vizir, de Abderrahmane El Mezouari El Glaoui

La maison d’édition La Croisée des chemins, en partenariat avec Sochepress, vient de sortir en ce début 2022, un livre consacré au grand visir Madani El Mezouari El Glaoui, dans une traduction en arabe. La version initiale en français a été publiée en 2016. L’auteur du livre est Abderrahman El Mezouari El Glaoui, petit-fils de Madani et dont le père est le colonel Mohamed Lekbir El Mezouari El Glaoui.

Le livre raconte la vie de Madani El Glaoui, surnommé le fqih, considéré comme une «figure trop mal connue d’une famille berbère makhzénienne, au service de la dynastie alaouite depuis Moulay Ismaïl.» Et ce alors que le sociologue Paul Pascon le définit comme étant «le fondateur de la puissance des Glaoui».

Madani El Glaoui a servi quatre souverains (Moulay Hassan, Moulay Abdelaziz, Moulay Hafid et Moulay Youssef) en tant que caïd, khalifa du sultan sur le Draa et le Sud, amel (gouverneur) du Tafilalet, ministre de la guerre et grand vizir. Son combat sans relâche contre la siba le mena dans diverses régions du Royaume. Le fqih a été l’un des acteurs essentiels de la hafidiya (mouvement de notables pro-Moulay Hafid) dont il constitua le principal soutien politique et militaire.

«Fervent patriote, il s’opposa à l’influence grandissante des Français, ce qui fut la cause de son limogeage en 1911. De retour aux affaires en 1912, son autorité s’étendait depuis Marrakech sur une zone de 35.000 km². Toute sa vie durant, il sut faire montre d’une ouverture sur les affaires du monde, d’un attrait pour la modernité et d’un esprit de réforme remarquables pour un homme de son époque. Madani devait décéder en 1918, alors âgé d’environ soixante ans.»

Le livre revient aux origines de la tribu des Glaouas et évoque leurs premiers faits d’armes au service des Alaouites. Mais une chose saute aux yeux: l’auteur du livre semble vouloir sinon régler des comptes, du moins se démarquer par rapport au frère de Madani, Thami El Glaoui, pacha de Marrakech qui a mené la fronde des caids contre le sultan Mohamed Ben Youssef en 1953 et s’est ligué avec le protectorat.

L’auteur écrit que les autres membres de la grande famille d’El Glaoui avaient condamné l’attitude de Thami et que c’est grâce au poids de Madani que Thami El Glaoui a pu accéder aux hautes fonctions qui étaient les siennes… Le livre se laisse lire, il ne s’agit pas d’un document d’histoire comme on peut l’imaginer, l’auteur s’en défend d’ailleurs, mais plutôt d’un matériau que les historiens peuvent relire et analyser à leur manière, selon les règles d’usage.

N.J
Editions La Croisée des chemins et Sochepress
Traduit par Mohamed Hamam 75 DH