Macron en Algérie : La France ne quémande pas le gaz algérien

L’Algérie surestime-t-elle l’importance de son gaz pour la France ? La réponse serait oui, d’après Emmanuel Macron. En visite officielle depuis hier dans l’ancienne colonie, le président français a affirmé ce vendredi qu’il n’était pas allée à Canossa (une commune italienne, ndlr) pour quémander du gaz à l'Algérie. 

"La France dépend peu du gaz dans son mix énergétique, à peu près 20%, et dans cet ensemble, l'Algérie représente 8 à 9%, on n'est pas dans une dynamique où le gaz algérien pourrait changer la donne", poursuit le président français, au deuxième jour de sa visite. Et d'ajouter que la France “a déjà stocké 90%” de ses besoins en gaz pour l’hiver prochain. 

Depuis début 2022, l'Algérie a fourni à l'Italie 13,9 milliards de m3, dépassant de 113% les volumes programmés auparavant. 

Le pouvoir algérien tente depuis plusieurs mois de se tourner de plus en plus vers l’Italie pour exporter son gaz aux dépens de l’Espagne. Objectif : faire pression sur Madrid pour que celle-ci revoie sa nouvelle position historique, adoptée depuis mars 2022, en faveur de la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes. 

La chantage d’Alger s’est retournée contre elle, puisqu’elle a perdu sa place de premier fournisseur de gaz à l’Espagne au profit des États-Unis et de la Russie, durant le premier semestre 2022. Au cours de cette période, les gaz américain et russe ont représenté 34 et 24% des achats espagnols respectivement, contre 22% pour le gaz algérien.