La machine médiatique séparatiste en plein délire

SOI-DISANT ATTAQUES CONTRE GUERGARAT

S’il y a une guerre qui se déroule actuellement au Sahara marocain, elle est seulement médiatique. Car le Polisario, tout simplement, est incapable de mener une guerre réelle, n’en déplaise à ses différents relais.

Depuis le 13 novembre 2020 et l’intervention qu’avaient faite les Forces armées royales (FAR) à Guergarat pour rétablir le trafic routier dans ce no man’s land situé à la frontière sud du Maroc avec la Mauritanie, le Sahara marocain connaît une situation globalement calme.

Et pourtant, l’on ne manque pas, chaque jour, de trouver sur le fil de l’Algérie presse service (APS), l’agence de presse officielle algérienne, les échos d’une guerre qu’y mènerait le Front Polisario contre le Royaume. Dans une dépêche publiée ce dimanche 24 janvier 2021 en fin de matinée, l’APS assurait même que le mouvement séparatiste venait de lancer un missile dans le nord même de Guergarat, c’est-à-dire, on peut l’imaginer, à l’endroit où se trouve le poste-frontière marocain, en plus de trois autres missiles dans les environs.

En même temps circulait sur les médias sociaux une photo d’un feu d’une dizaine de mètres de hauteur au-dessus d’une agglomération de bâtiments prétendument marocains, et si ceux-ci le sont effectivement, c’est du côté de la ville d’Agadir qu’il faudrait plutôt les chercher et plus précisément au marché aux puces de Sidi Youssef, ravagé le 7 octobre 2019 par un incendie: c’est cet incendie qu’illustre, en vérité, la photo, et non les soi-disant frappes du Polisario à Guergarat.

Mais on n’en est pas, de toute façon, à un détournement près de la part de la machinerie médiatique algérienne, qui dans ses différentes tribunes parle d’une guerre se prolongeant au Sahara marocain depuis 75, 76, 77 jours.

Missiles médiatiques
Et si personne n’en parle, ce serait uniquement à cause du “blackout” du Maroc, comme l’a notamment assuré, dans une déclaration à l’APS, le représentant du Polisario en France, Mohamed Sidati. “Le régime marocain tente toujours de faire croire que la situation est sous contrôle,” assure même M. Sidati. Au vrai, il semble, simplement, que l’Algérie a voulu tenter un coup médiatique, après que personne n’ait donné de crédit à la soi-disant guerre du Polisario.

Car il suffit aujourd’hui de se rendre à Guergarat pour se rendre compte que la situation y est parfaitement normale: les vidéos que de nombreux camioneurs ayant l’habitude de l’emprunter le montrent d’ailleurs éloquemment.

Mais il faut dire aussi que si les officines médiatiques de la junte algérienne ont activement participé à faire circuler les fake news au sujet de la soi-disant attaque contre Guergarat, avec notamment Ennahar TV qui est à l’origine de l’utilisation de la photo de l’incendie de Sidi Youssef, une partie de la presse marocaine, principalement électronique, assume également une responsabilité indéniable, dans la mesure où, en lieu et place de vérifier d’abord l’information, chose élémentaire dans le métier, elle s’en est faite naïvement le relais.

D’ailleurs, M. Sedrati ou les autres responsables polisariens qui se sont exprimés, à l’instar encore du porte-parole du soi-disant “gouvernement” sahraoui, Hamada Salma Daf -également auprès de l’APS, qu’il faudrait décidément renommer la PPS, pour Polisario presse service-, se sont davantage félicités de ce qu’ils aient obtenu une “large couverture médiatique” que des soi-disant “pertes” qu’ils auraient donc “infligées” aux FAR.

Il faudra donc que cette presse fasse plus attention et privilégie la déontologie aux revenus promis par le clic, surtout que l’Algérie cherchera encore à refaire le coup: la voisine de l’Est sait d’ailleurs qu’au-delà des gesticulations à l’avenant, elle n’a pas de véritable marge de manoeuvre.

Car si elle ne maintient pas le discours eu égard au déroulement d’une guerre au Sahara marocain, cela reviendrait tout simplement de sa part à reconnaître qu’elle a définitivement perdu sur le terrain, alors qu’en soi la signature du cessez-le-feu début septembre 1991 avait déjà acté la fin des haricots pour le Polisario, incapable d’effectuer de nouvelles incursions en territoire marocain après que le mur de défense marocain eut été complété par les FAR en avril 1987. Et, éventuellement, le régime algérien devra se résoudre à s’asseoir à la table des négociations sur la base des critères fixés par le Maroc, à savoir ceux de l’autonomie élargie tels que détaillée dans son initiative du 11 avril 2007, soumise à l’époque au Conseil de sécurité.

Ce que ce régime, tant qu’il demeure sous la coupe de l’armée, ne semble toutefois pas près de vouloir accepter, lui qui base depuis bientôt 60 ans sa stratégie de puissance sur la diabolisation de ses voisins et qui vient d’ailleurs, le 18 janvier, d’organiser des exercices de son Armée nationale populaire (ANP) non loin de la ville de Tindouf, à quelques encablures des positions des FAR.

Dans le cas particulier du Polisario, il y a aussi lieu de citer la situation dans les camps de réfugiés sahraouis situés justement aux alentours de Tindouf et où l’on a vu ces dernières années se multiplier les protestations contre la direction du mouvement séparatiste, continuant d’une part à séquestrer les populations concernées et à les maintenir dans la misère la plus inhumaine et en en faisant par ailleurs un lucratif fonds de commerce que le Parlement européen avait finalement dénoncé le 2 juillet dernier, après des décennies de silence.

C’est envers cette population que s’adressaient en premier, et non vraiment au Maroc, les menaces de reprise de guerre formulées à partir de juillet 2014 par Mohamed Abdelaziz du temps où il assurait le poste de secrétaire général du Polisario, puis par son actuel successeur Brahim Ghali, comme quoi les leaders polisariens continuaient de tenir la corde et avaient encore plus d’un tour dans leur sac.

Populations séquestrées
Le soi-disant “ministre” des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek, parlait même le 16 octobre sur Radio Alger de la possibilité que le Polisario signe avec des pays tiers des “accords de défense”, mais l’opération des FAR est donc venue balayer d’un revers de main toutes ces menaces et démontrer qu’elles étaient, en fait, sans portée.

Car tout au plus, comme l’avait notamment calculé en août 2013 le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), la sa soi-disant “Armée populaire de libération sahraouie” (APLS), qui ne constitue en fait qu’un groupement de milices complètement amateures, compte 15.000 hommes, dont beaucoup sont mobilisés par la force.

Et les entraînements que ces milices ont reçus de la part de l’organisation libanaise du Hezbollah par le biais de l’ambassade d’Iran à Alger, raison de la rupture entre le Maroc et la République islamique en mai 2018, ne sauraient faire oublier que leur matériel demeure vétuste et comporte, au mieux, du matériel soviétique de seconde main acheté voilà plus de trente ans à de louches intermédiaires, à l’instar de lance-roquettes multiple Katioucha et d’obusiers 122 mm M1938. Pas de quoi vraiment faire une guerre, si ce n’est par voie de médias...

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