M. Amara plaide à Vienne pour une utilisation sûre de la technologie nucléaire

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Le ministre de l'énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Abdelkader Amara, a affirmé lundi à Vienne qu'il est aujourd'hui urgent que les pays encore réticents ratifient le traité de non-prolifération nucléaire, plaidant pour une utilisation sûre de la technologie nucléaire à défaut d'un désarmement total.

Dans son intervention à l'ouverture de la 59ème session de la conférence générale de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), il a regretté aussi que la traité portant sur l'interdiction totale des essais nucléaires demeure également ignorée par de nombreux Etats, appelant la communauté internationale à œuvrer à la matérialisation de ces deux instruments et surtout à œuvrer pour faire de la région du Moyen-Orient, une zone dénucléarisée. Un projet de résolution onusienne qui reste depuis 1995 un vœu pieux.

Et de souligner les efforts déployés par le Maroc pour la réactivation du traité portant sur l'interdiction totale des essais nucléaires comme cela a été démontré lors de la présidence conjointe du Maroc et de la France en 2010 et pendant deux années du comité pour l'application de l'article 4 de ce traité.

Un engagement résolu du Royaume pour une utilisation sûre et sans risque de la technologie nucléaire qui a été consolidé cette année par l'entrée en vigueur au Maroc de la loi relative à la sûreté et à la sécurité nucléaires et radiologiques et à la création de l'agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques, a indiqué le ministre.

Un instrument juridique parmi d'autres qui visent à réhabiliter et à étoffer la réglementation nationale dans le domaine de l'utilisation de la technologie nucléaire à des fins civiles et en toute sécurité.

Il a aussi mis en avant les contributions du Maroc et son implication sur les plans régional et international pour renforcer les mécanismes de sécurité dans le domaine et surtout faire face la menace terroriste de type radioactif et nucléaire, rappelant, entre autres, que le Maroc a été parmi les premiers pays à soutenir l'initiative globale de lutte contre le terrorisme nucléaire en abritant en 2006 la première réunion internationale sur la question. Et également l'organisation au Maroc en 2011 des premières manœuvres internationales contre l'utilisation des produits radioactifs à des fins terroristes.

Tout en saluant les initiatives de l'AIEA et des Etats-Unis dans le développement d'un programme marocain sur les applications sûres et pacifiques de la technologie nucléaire, le ministre a indiqué que le Maroc ne cesse de développer sa coopération dans le domaine. D'abord, en faveur des pays africains aux fins de les aider à maîtriser l'utilisation de cette énergie au service d'un développement humain durable et aussi avec des pays voisins et amis comme l'Espagne dans le cadre de manœuvres conjointes simulant une attaque radioactive. Une opération de ce genre est d'ailleurs prévue en octobre prochain dans les ports d'Algésiras et Tanger Med, et ce, en collaboration avec l'AIEA.

Résolument engagé pour une utilisation pacifique du nucléaire dans la perspective d'un désarment nucléaire total dans le monde, le Maroc, conformément aux Hautes Orientations Royales, soutient toutes les initiatives inscrites dans ce sens, a souligné M. Amara, se félicitant, à ce propos, de la conclusion en juillet dernier,de l'accord historique sur l'encadrement du programme nucléaire en Iran, ici même à Vienne en présence des représentants du groupe des puissances5+1. "Une grande avancée sur le chemin de l'instauration de la paix et de la sécurité sur les plans régional et international", a-t-il dit.

Ouvrant en premier les travaux de cette assemblée générale, le Directeur Général de l'AIEA, Yukiya Amano a d'emblée souligné l'importance de la technologie nucléaire utilisée avec précaution à des fins civiles et pacifiques dans la réalisation d'un développement humain durable, d'autant que cette énergie a un faible impact sur l'environnement et réduit les émissions de gaz à effet serre, à l'origine du réchauffement climatique.

Il a assuré, à ce propos, que son agence poursuivra inlassablement sa mission selon sa devise l'atome au service de la paix, et qui consiste à promouvoir une utilisation efficace et sûre de l'énergie nucléaire, vérifier et inspecter les installations nucléaires dans le monde, développer la coopération technique et scientifique dans tous les domaines des applications nucléaires et veiller à la sûreté et la sécurité nucléaires en aidant les pays membres à se protéger contre les nuisances des radiations.

M. Amano a indiqué, à ce propos, que son agence vient de rendre public son rapport en cinq volumes sur la catastrophe survenue en mars 2011 dans son pays à la centrale nucléaire de Fukushima. Une étude exhaustive qui servira à renforcer davantage la sécurité et améliorer la sûreté dans les installations nucléaires, a-t-il noté.

Tout en évoquant d'autres champs d'intervention de l'Agence, notamment au Népal secoué en mai dernier par un terrible tremblement de terre ou encore l'assistance fournie pour soutenir les efforts de lutte contre la ravageuse épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest, il a lancé un appel à l'adresse de certains pays réticents qui n'ont pas encore procédé à la ratification de l'amendement à la convention sur la protection physique des matières nucléaires. Un amendement qui définit des objectifs clairs en matière de protection auxquels doivent répondre les systèmes législatifs et réglementaires nationaux. Il porte aussi sur une obligation de protection de ces matières contre le vol tout en prévoyant des mécanismes de protection des installations et des matières nucléaires contre des actes terroristes de sabotage.

L'entrée en vigueur de cet amendement qui suppose l'adhésion de 14 autres pays, est à même de réduire le risque des attaques terroristes contre les centrales nucléaires ou encore le recours à des bombes sales dans les villes, a souligné M. Amano tout en appelant les pays membres à contribuer généreusement au soutien de l'effort fourni par l'AIEA, tout particulièrement pour la rénovation et la modernisation des laboratoires de l'Agence qui compte actuellement 165 membres avec l'admission lors de ce conclave de la Guyane, le Djibouti et le Vanuatu.

Tout en se félicitant, enfin, du niveau de coopération affichée par l'Iran vis-à-vis des inspecteurs de l'AIEA depuis la signature en juillet denier de l'accord historique de Vienne, M. Amano regrette, cependant, l'attitude hostile à toute demande d'inspection en Corée du Nord dont l'activité nucléaire reste enveloppée d'un épais mystère.

Cette assemblée générale du gendarme du nucléaire sera notamment consacrée à la discussion du programme et des activités de l'AIEA pour l'année 2016 ainsi que l'approbation de son budget. Le programme des travaux prévoit aussi de nombreux ateliers et forums de réflexion sur le développement des utilisations pacifiques et sûres de l'énergie nucléaire avec la participation d'éminents experts représentant les pays membres dont le Maroc.

Outre la présence de MM. Ali El Mhamdi et Mohamed Slaoui, respectivement ambassadeur et chargé d'affaires du Royaume du Maroc en Autriche, Slovaquie et Slovénie, la délégation marocaine présente aux travaux est composée d'une dizaine de responsables représentant les ministères de l'énergie et les affaires étrangères et de la coopération, le centre national de l'énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) et le centre national de radioprotection.

Parallèlement à l'assemblée générale de l'AIEA, M. Amara présidera la réunion des membres de l'accord régional africain en sciences et technologies nucléaires (AFRA). Un accord intergouvernemental institué en 1990 par l'AIEA et des Etats africains en vue de promouvoir l'utilisation pacifique des technologies nucléaires. L'accord auquel adhèrent une trentaine de pays africains, englobent plusieurs domaines, notamment la santé, l'agriculture, le traitement des déchets ou encore la gestion des ressources hydriques.

M. Amara aura également des entretiens avec certains ministres présents aux travaux ainsi que des responsables de l'AIEA et ce, pour examiner les moyens de consolider la coopération dans le domaine nucléaire à des fins civiles et surtout pour une utilisation sûre, sans risque, ni nuisance.

 


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