VISITE AU MAROC DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR ESPAGNOL, FERNANDO GRANDE-MARLASKA

La lutte contre l'immigration clandestine s’intensifie

Si les autorités espagnoles saluent le dispositif sécuritaire mis en place par le Maroc pour limiter le flux migratoire vers l’Europe, elles semblent néanmoins s’inquiéter par rapport aux derniers réseaux démantelés par la police espagnole et qui s’activaient pour faciliter une forte immigration clandestine venant de l’Algérie.


Depuis sa décision historique de reconnaitre le plan marocain d’autonomie comme seule solution au problème du Sahara, le 20 mars 2022, l’Espagne entretient une très forte relation diplomatique avec le Maroc. Une relation qui s’enrichit et se raffermit de jour en jour suite aux visites successives des hauts responsables espagnols dans notre pays. La dernière en date est celle du ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, qui s’est rendu à Rabat, le vendredi 19 janvier 2024, pour rencontrer son homologue marocain, Abdelouafi Laftit. C’est sa première visite officielle dans un pays étranger après l’investiture du nouveau gouvernement Sanchez. Comme on s’y attendait, les questions sécuritaire et migratoire ont été au centre des discussions entre les deux hauts responsables.

« La collaboration entre Rabat et Madrid est marquée par un niveau élevé d’efficacité, notamment dans les domaines de la lutte contre la migration irrégulière, de la traite des êtres humains et de la lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé », s’est notamment félicité le ministre espagnol qui précise que l’objectif de cette coopération est de sauver des vies humaines, lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et promouvoir une migration légale, sûre et ordonnée. Un objectif partagé par les autorités marocaines qui traitent la question de l’immigration clandestine avec une approche humaniste.

Situation alarmante
Si les autorités espagnoles saluent le dispositif mis en place par le Maroc pour limiter le flux migratoire vers l’Europe, elles semblent néanmoins s’inquiéter par rapport aux derniers réseaux démantelés par la police espagnole et qui s’activaient pour faciliter une forte immigration clandestine venant de l’Algérie. Les services de sécurité espagnols avaient, en effet, annoncé, vendredi 19 janvier 2024, le démantèlement d’un réseau criminel de passeurs algériens s’activant dans l’immigration clandestine, et l’arrestation de neuf personnes.

Les individus arrêtés, qui sont tous de nationalité algérienne, sont accusés d’avoir dirigé trois petites embarcations interceptées à la mi-décembre 2023 au large d’Almeria, transportant un total de 48 personnes, dont plusieurs mineurs et des bébés. Des embarcations dépourvues de mesures de sécurité et équipées de moteurs de très faible puissance, ce qui mettait en danger la vie des personnes à bord.

Plusieurs responsables et partis politiques, notamment dans les communautés autonomes des Iles Baléares, de Murcie et d’Almeria, expriment leur inquiétude face à la hausse notable de migrants irréguliers en provenance de l’Algérie. Récemment, le procureur supérieur des îles Baléares, Julio Cano, a souligné que sa priorité était de lutter contre les réseaux de criminalité organisée et de trafic d’êtres humains en provenance de l’Algérie, qui constituent le premier problème de l’archipel.

Sur la base du décompte des autorités locales espagnoles, 73% des migrants irréguliers arrivés sur les côtes espagnoles sont des Algériens. Une situation alarmante qui pousse les autorités espagnoles à intensifier la coopération sécuritaire avec les autorités marocaines pour un échange permanent d’informations susceptibles d’amener à des démantèlements de réseaux s’activant dans l’immigration clandestine.

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