L'Unicef tire la sonnette d'alarme


L'enfance tiraillée entre la violence et les mauvaises pratiques


Près de 9 enfants sur 10 dont l’âge varie entre 2 et 14 ans sont victimes de violence. Une situation qui menace sérieusement l’avenir socioéconomique du Maroc.

C’est un rapport, pour le moins alarmant, que vient de rendre public l’Unicef, sur la situation des enfants dans la région du Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA). Au Maroc, la violence est particulièrement monnaie courante contre les enfants.

En effet, près de 9 enfants sur 10 dont l’âge varie entre 2 et 14 ans sont victimes de violence. Une situation qui prévaut pratiquement dans tous les milieux fréquentés par l’enfant: famille, école et rue. Pour les experts de l’Unicef, cette violence injustifiée, dont la gravité varie d’une classe sociale à l’autre, menace sérieusement l’avenir socioéconomique du Maroc. Dans la mesure où ces enfants, qui vont devenir les hommes de demain, sont élevés sur la base d’une pratique malsaine dont les conséquences sont souvent dramatiques. Concernant les jeunes filles, certains chiffrent sont également préoccupants: en 2010, 15% des femmes de moins de 18 ans se sont mariées. Et en 2014, 32 naissances sur 1.000 impliquaient des femmes de 15 à 19 ans. Le mariage précoce, répandu essentiellement dans le milieu rural et dans plusieurs quartiers populaires à caractère miséreux, persiste toujours alors que le Maroc est parmi les pays signataires des conventions internationales appelant au respect des droits des femmes. Outre les séquelles psychologiques sur la jeune femme, le mariage précoce conduit, dans la plupart des cas, à une déchirure familiale et sociale inéluctable. Les jeunes filles sont également exposées au travail domestique, un phénomène tout aussi grave qui soumet l’enfance à un esclavagisme d’un autre âge.

Une bien mauvaise réalité
En revanche, l’enquête de l’Unicef recense quelques chiffres positifs qui encouragent les efforts du Maroc en matière de protection de l’enfance. En quinze ans, la mortalité des enfants de moins de 5 ans a particulièrement chuté dans le pays. En réduisant le nombre de 80 décès pour 1.000 naissances à 22, le Royaume peut se targuer de réels progrès dans la prise en charge du phénomène. Des progrès qui se constatent aussi dans l’évolution de la médecine, avec une réduction du taux de mortalité maternelle, qui a atteint le pourcentage de 100 mamans décédées sur 100.000 naissances en 2015. Pour autant, le Maroc reste parmi les 5 pires pays en termes de mortalité maternelle devant l’Algérie, le Soudan et le Yémen. Une bien mauvaise réalité qui s’explique notamment par le manque de couverture des soins prénataux.

Autre problème mis en avant: la faiblesse du système éducatif. En matière d’enseignement préscolaire, par exemple, le Maroc n’a réalisé aucun progrès entre 2001 et 2014. Le Maroc est aussi décrit comme le pays qui respecte le moins le critère de parité en matière de scolarisation avant le primaire. On se demande alors pour quand le Maroc s’occupera-t-il réellement de son enfance, dont l’avenir est très incertain?.