LE LOURD POIDS DE LA DETTE

LE SOLDE CHARGES/RESSOURCES DU TRÉSOR DÉGAGE UN ÉNORME DÉFICIT

Compte tenu d’un besoin de financement de 48 milliards de dirhams, le Trésor n’a d’autre option que le recours à l’endettement extérieur de 14,6 milliards de dirhams et surtout intérieur pour un montant de 33,5 milliards de dirhams

La situation des charges et ressources du Trésor dégage un déficit budgétaire de 43,5 milliards de dirhams à fin août 2020, contre 33,8 milliards de dirhams au cours de la même période un an auparavant, indique la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) dans son bulletin mensuel de statistiques des finances publiques d’août 2020. Ce déficit tient compte d’un solde positif de 3,6 milliards de dirhams dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), selon la Trésorerie Générale du Royaume (TGR).

Le bulletin fait également état d’une baisse des recettes ordinaires brutes de 0,1%, à 160,5 milliards de dirhams, et d’une hausse des dépenses ordinaires émises de 2,3% à 163 milliards de dirhams, soit un solde ordinaire négatif de 2,5 milliards de dirhams. Le repli des recettes s’explique par la baisse des impôts directs de 3,8%, des droits de douane (5,3%), des impôts indirects (9,3%) et des droits d’enregistrement et de timbre (21,3%), conjuguée à l’augmentation des recettes non fiscales (56,1%).

Hausse des charges
S’agissant des dépenses émises au titre du budget général, elles ont été de 245,7 milliards de dirhams au cours des huit premiers mois de 2020, en hausse de 5% par rapport à leur niveau à fin août 2019, en raison de l’augmentation de 2,8% des dépenses de fonctionnement, de 9,8% des dépenses d’investissement et de 6,9% des charges de la dette budgétisée. Cette hausse des charges de la dette budgétisée est due à l’augmentation de 12,3% des remboursements du principal (38,1 milliards de dirhams, contre 33,9 milliards) et à la baisse de 1,1% des intérêts de la dette (22,8 milliards de dirhams, contre 23,1 milliards).

Compte tenu d’un besoin de financement de 48 milliards de dirhams et d’un flux net positif du financement extérieur de 14,6 milliards de dirhams, le Trésor a eu recours au financement intérieur pour un montant de 33,5 milliards de dirhams.

Les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, ont pour leur part atteint 386,9 milliards de dirhams, représentant un taux global d’engagement de 60% contre 61% à fin août 2019. Le taux d’émission sur engagements a été de 86%, contre 83% un an auparavant.

Pour ce qui est des comptes spéciaux du Trésor (CST), ils ont réalisé des recettes de 91,2 milliards de dirhams et des dépenses de 87,8 milliards de dirhams, soit un solde positif de 3,4 milliards de dirhams. Les recettes des services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA) ont, de leur côté, reculé de 35,7% à 1.124 millions de dirhams et les dépenses de 27,4% à 846 millions de dirhams.

Au final, la situation des finances publiques s’avère être des plus critiques avec un déficit budgétaire (43,5 milliards de dirhams à fin août 2020) qui n’en finit pas de s’aggraver par rapport à celui de l’année dernière (33,8 milliards de dirhams). Pour y faire face, la dette semble être la seule voie de salut.


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