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L'état marocain veut louer les capacités de stockage de la SAMIR

Reconstituer les stocks stratégiques

Reconstituer les stocks stratégiques du pays en carburant s’impose plus que jamais. Il en va de la sécurité énergétique du Royaume.

À l’heure où les prix internationaux du pétrole affichent une baisse historique, l’Etat marocain compte louer les capacités de stockage de la Samir. L’objectif est de reconstituer les stocks stratégiques du pays en carburant.

En effet, une demande en ce sens est en cours de préparation. Elle sera bientôt déposée auprès de Abderrafii Bouhamria, juge-commissaire chargé de la liquidation du raffineur. Il s’agit d’une proposition sous forme de contrat de bail. Par cette décision, le Maroc décide enfin de profiter des opportunités qui s’offrent sur un marché international de pétrole de plus en plus soumis à des baisses historiques. En fait, Il ne s’agira pas d’une proposition d’acquisition, mais d’une location qui est par définition temporaire. Le bail, s’il est accepté par le juge-commissaire, portera uniquement sur les capacités de stockage, et non sur l’activité du raffinage. La relance de cette activité reste, elle, tributaire du dossier de cession, ouvert depuis janvier 2017 et qui bute encore sur l’absence d’offre sérieuse.

Location-gérance
Rappelons que que la BCP, un des trois contrôleurs de la Samir, avait initié une demande de désignation d’une banque d’affaires pour assister le juge-commissaire, Abderrafi Bouhamria, sur le volet de la cession du raffineur. Enregistrée le 28 février 2020, la requête donnera lieu à une ordonnance rendue la même date par le même magistrat, autorisant le syndic Abdelkbir Safadi à recevoir les offres de location- gérance, tout en préservant l’option de cession globale.

L’objectif n’est autre que de permettre à une société de redémarrer et de gérer la raffinerie moyennant une redevance locative à verser au syndic. Ces développements témoignent d’une inflexion dans la position des parties en charge de la liquidation de la Samir. Face à un processus de cession à un repreneur industriel infructueux depuis des années, malgré quelques promesses et déclarations d’intention, l’orientation vers une cession en lots des biens du raffineur avait fini par prendre le dessus. Rappelons qu’avant sa fermeture en août 2015, la Samir assurait environ 64% des besoins du marché national en produits raffinés (47% pour le gasoil, 60% pour le fuel, 70% pour le super et 80% pour le jet).

Son arrêt expose de plus en plus le Maroc «aux risques de la chaîne d’approvisionnement mondiale, avec une couverture de stock inférieure au minimum légal pour tous les produits», avait déjà noté l’Agence Internationale de l’Energie (l’AIE) dans son rapport de 2019.

La Samir dispose d’importantes capacités de stockages, aujourd’hui inexploitées (parc de stockage de près de 280 réservoirs, d’une capacité globale de 2 millions de m3 de pétrole brut, de produits intermédiaires et raffinés). La non-utilisation de ces installations «souligne la nécessité d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement en produits pétroliers», selon le rapport.