Enfin une loi des finances rectificative?

Le gouvernement ouvre la porte à une mise en question législative de ses choix économiques

Alors que de nombreuses parties le demandent depuis plusieurs semaines, l’Exécutif pourrait bien, prochainement, procéder à une rectification de loi des finances.

Verra-t-on enfin, prochainement, une loi des finances rectificative dans le circuit législatif? Après avoir des semaines durant éludé le sujet et plaidé “une meilleure appréciation des paramètres macro-économiques” -dixit le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, dans l’interview qu’il nous a accordée pour notre édition quotidienne du 27 avril-, l’Exécutif semble désormais en passe de changer son fusil d’épaule.

C’est en tout cas en termes affirmatifs que le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration a parlé de “prochain projet de loi de finances rectificatif” au moment de rapporter, dans son communiqué de ce 29 avril ayant fait suite à la sixième et dernière réunion du Comité de veille économique (CVE), les discussions ayant émaillé cette dernière au sujet de “plusieurs questions à portée législative” déjà débattues selon lui au cours des précédentes réunions mais dont la teneur exacte n’a pas été révélée.

“Il a été décidé que l’ensemble des problématiques identifiées soient prises en charge dans le prochain projet de loi de finances rectificatif dont l’élaboration dépend du scénario macro-économique à retenir,” révèle le communiqué.

Si ce dernier a poursuivi en ajoutant que “l’option finale est tributaire, d’une part, de l’évolution de la conjoncture internationale sur les plans économique et sanitaire, et du plan de déconfinement progressif qui sera déployé à l’échelle nationale d’autre part”, il n’en reste pas moins que la porte est donc désormais ouverte à une rectification de la loi des finances.

Au cours des dernières semaines, plusieurs parties en avaient exprimé le souhait, et ce au sein même de la majorité: Abdelkrim Benatiq, qui occupait jusqu’à octobre dernier le maroquin des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration sous la bannière de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), avait notamment invoqué dans une interview publiée ce 28 avril dans le quotidien Assabah la nécessité de faire participer l’opinion publique dans le suivi des mesures et des procédures que doit adopter le Maroc pour faire face à la pandémie de Covid-19 à travers la mise en question législative.

Car derrière l’explication des “paramètres macro-économiques” qui ne seraient pas encore suffisamment clairs, beaucoup accusent le gouvernement de vouloir en fait agir à sa guise dans la gestion de la pandémie sans en référer au Parlement, qui pourrait bien s’opposer à la cure d’austérité à laquelle il compte visiblement astreindre l’Etat: on avait notamment vu que lorsque le ministre de l’Economie, Mohamed Benchaâboun, avait tenté de sauter le pas le 6 avril, la levée de boucliers avaient été immédiate à son encontre, et il avait dû passer huit jours plus tard par le moyen détourné d’une circulaire de M. El Othmani suspendant les dépenses considérées comme “non-essentielles” par le gouvernement.

L’argentier du Royaume fait d’ailleurs partie des principaux opposants publics à une loi des finances rectificative et l’a souventes fois réitéré aussi bien au cours de ses sorties médiatiques qu’au parlement, où il s’est rendu pas moins de deux fois depuis le début de l’état d’urgence sanitaire.


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