Le lobby des pétroliers accusé de pratiques anticoncurrentielles

Le conseil de la concurrence s’apprête à prononcer des sanctions contre les pétroliers

Le 21 juillet est le jour prévu par le Conseil de la concurrence pour prononcer des sanctions pécuniaires importantes contre les opérateurs pétroliers accusés, entre autres, de pratiques anticoncurrentielles.

Le marché pétrolier est certainement l’un des secteurs les plus décriés par les Marocains. Entente sur les prix, pratiques anticoncurrentielles, grosses marges bénéficiaires, les distributeurs pétroliers s’adonnent, en effet, à toutes les pratiques qui pénalisent lourdement le pouvoir d’achat des Marocains. Le Conseil de la concurrence, qui vient de finaliser un rapport particulièrement critique sur le secteur, après une saisine contentieuse relative aux éventuelles ententes sur le marché des carburants liquides, révèle l’existence d’une décision d’association d’entreprises et de pratiques concertées entre les membres du Groupement des pétroliers du Maroc. Ces derniers sont accusés de collecter, échanger et diffuser des informations sensibles entre eux. Pour le Conseil de la concurrence, présidé par Driss Guerraoui, ces comportements sont assimilables aux ententes prohibées par l’article 6 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence.

Association d’entreprises
Ce groupement est ainsi considéré comme une structure patronale qui permet, non seulement de défendre les intérêts de ses membres, mais aussi de mettre en place un système de surveillance mutualisé entre les opérateurs, de manière à ce que chacun d’entre eux connaisse sur une base régulière et rapprochée, les ventes réalisées par les autres concurrents. Cette situation a conduit à la création puis à l’aggravation de la structure oligopolistique du marché. Cette structure fait toujours apparaître, selon les données fournies par le Conseil de la concurrence, trois grands majors qui se partagent plus de 56% du marché: Afriquia ressort à 25%, Vivo Energy, distributeur de la marque Shell, avec 17% et Total Maroc avec 14%.

Pour mettre fin à toutes ces pratiques, le Conseil de la concurrence a décidé de prononcer, pour le 21 juillet 2020, de lourdes sanctions pécuniaires contre plusieurs opérateurs dont le montant est estimé à environ 10% de leurs chiffres d’affaires. Jamais une telle décision n’a été prise ou même envisagée par cette instance de contrôle qui commence visiblement à asseoir son autorité. Ce même Conseil avait, par le passé, refusé de plafonner les prix à la pompe, suite à une demande déposée par l’ancien ministre des Affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi. Un refus qui a été interprété comme une faiblesse du Conseil face à l’influence et au poids du lobby des pétroliers qui continue à appliquer une politique tarifaire qui, souvent, ne reflète en rien la situation internationale des prix du pétrole à l’international.

On se souvient tous du fameux rapport parlementaire rendu public en mai 2018 qui fait état de 17 milliards de dirhams qui représentaient les marges bénéficiaires des opérateurs réalisées dans un contexte de baisse des prix à l’international. Un scandale auquel aucune suite n’a été donnée alors que les Marocains avaient réclamé la restitution de cet argent indûment empoché.


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