LE PARTI PEINE À FORMER SON BUREAU EXÉCUTIF

L'Istiqlal dans le doute

Pour la première fois, l’Istiqlal ne parvient pas à former son bureau exécutif au terme de son dernier congrès national. Derrière cet échec, une guerre de clans amplifiée par les rumeurs sur un éventuel remaniement ministériel.


C’est un fait rare dans la politique: l’événement le plus marquant du 18ème congrès national de l’Istiqlal, organisé les 26, 27 et 28 avril 2024 au complexe Moulay Rachid de Bouznika, n’était pas l’élection du leader, mais plutôt la non-élection du comité exécutif du parti. Une première.

Le fragile consensus qui a permis la reconduction à l’unanimité de l’actuel ministre de l’Eau et de l’Équipement pour un second mandat à la tête de la formation de la balance a donc fini par montrer ses limites face aux luttes intestines entre les différents courants cherchant à s’imposer parmi les 34 heureux futurs membres de la plus haute instance exécutive. “Conclure trois jours du congrès national sans aboutir à un nouveau comité exécutif est un échec pour nous et il faut l’admettre et surtout bien réfléchir aux raisons de cet échec pour sortir le parti de sa crise latente”, nous affirme sous le sceau de l’anonymat un membre du conseil national présent à Bouznika.


“Il est nécessaire de prendre son temps et bien se concerter pour évaluer les 107 candidats avant de se décider”, a affirmé Nizar Baraka dans son discours prononcé le 1er mai à Fès lors de la célébration de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGMT), centrale syndicale proche de l’Istiqlal, de la Fête du travail. En jouant la carte de la patience, le secrétaire général veut résister aux pressions des courants et des figures influentes, et surtout veiller à ce que tous les membres du prochain comité exécutif soient “moralement propres”, comme nous l’affirment des sources de son entourage.

Remaniement ministériel
Qu’en est-il vraiment? Peu importe les explications avancées par les parties concernées, les luttes entre istiqlaliens sont à analyser à travers le contexte actuel, celui d’un remaniement ministériel qui rapprocherait à grands pas. La veille de l’ouverture du congrès du parti, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, affirmait lors d’une interview accordée conjointement aux chaînes nationales à Al Aoula et 2M à l’occasion de son mi-mandat, n’a pas fermé la voie à un changement à la tête de certains postes ministériels, tout en précisant que la majorité, composée également de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti authenticité et modernité (PAM), se réunira après le congrès de l’Istiqlal pour discuter et se mettre d’accord.

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