La dépréciation de la lire turque face au dirham pénalise le textile marocain

PERTE DE COMPÉTITIVITÉ REDOUTÉE

Les baisses successives de la lire turque sur le marché des changes font craindre une nouvelle perte de compétitivité du secteur textile marocain face à la forte concurrence turque.

En un an, la lire turque a perdu 25% de sa valeur face au dirham. S’il y en a qui peuvent pâtir de ce changement, ce sont bien les opérateurs du textile marocain, qui souffrent de la forte concurrence de leurs homologues turcs.

Selon Karim Tazi, ex-président de l’AMITH, «la Turquie a toujours eu une panoplie d’outils pour soutenir la compétitivité de ses exportateurs et parmi ces moyens, il y a la dévaluation de la lire turque». Même si cette dépréciation intervient dans le cadre des fluctuations de l’offre et de la demande des devises, mais elle est assumée, dans une certaine mesure par le gouvernement.

Il rappelle qu’à chaque fois que le cours de la lire baisse, le coût du produit turc devient plus compétitif et grignote des parts de marché aux opérateurs marocains du textile, que ce soit sur le marché local ou vis-à-vis des donneurs d’ordre internationaux.

Il ajoute que «si les intrants dans cette filière sont souvent achetés en dollar, leurs coûts est compris entre 20% et 50% du coût total du produit et donc l’effet de la dévaluation reste tout de même important». Rappelons que l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie avait pour objectif de limiter le déficit commercial qui ne cessait de se creuser. Or, ces nouvelles baisses du cours de la lire peuvent contribuer à rétablir la compétitivité des produits turcs.

Certes, les droits de douane qui ont été rétablis sur une large liste de produits à l’occasion de l’amendement de l’accord de libre- échange ont permis de limiter les effets de cette baisse. Néanmoins, suite aux effets de la crise sanitaire, les importations n’en finissent pas de baisser et ne sont pas prêtes à reprendre.

Par ailleurs, pour les produits et services qui ne sont pas exposés à une pression concurrentielle forte (exemple du tourisme et de la santé), les exportateurs turcs préfèrent garder leurs prix en dollar inchangés et donc élargir leurs marges commerciales.