Liquidation de la Samir : Les dégâts de l'arrêt du raffinage sur l’économie


L’arrêt d’activité du raffineur national en août 2015 a eu un impact non négligeable dans la productivité de l’économie nationale. Une étude publiée dans le dernier numéro de mai 2023 du Scientific African et le groupe éditorial britannique Elsevier constate l’ampleur des dégâts.

Le secteur du raffinage du pétrole est important pour l’économie marocaine en raison de ses solides liens en amont et en aval avec d’autres secteurs. C’est un intrant pour presque toutes les industries de l’économie et dépend de l’approvisionnement des autres secteurs. “La fermeture de la seule entreprise opérant dans ce secteur a, comme prévu, généré des impacts considérables sur l’économie. Les pertes économiques globales sont évaluées à 66,572 millions de DHS, ce qui représente une réduction de 4,4% de la production totale du pays et de 1,7% de sa valeur ajoutée”, indiquent les auteurs de l’étude.

L’industrie minière a subi les pertes les plus notables en termes de valeur ajoutée (37,5 %). Cette industrie a perdu 11 233 millions de DHS en valeur ajoutée et 14 329 millions de DHS en production brute. Les fortes liaisons en amont expliquent principalement l’ampleur de l’effet avec les secteurs liés à l’extraction. Le transport (1,5 %), le commerce (1,1 %) et les autres industries manufacturières (1,1 %) sont également fortement touchés par la fermeture de la raffinerie avec une perte totale de production atteignant 3,7 %.

En se penchant sur la répartition régionale de ces effets, l’étude fait ressortir que le Grand Casablanca-Settat a fait face à la plus forte réduction de la production brute (9,2%), suivi de son voisin Beni Mellal-Khenifra (6,6%), Laayoun-Sakia El Hamra (5,1%), Drâa- Tafilalet (4,2%) et Marrakech-Safi (3,9%). Les pertes à Laayoun-Sakia El Hamra se concentrent dans l’industrie minière.

Tandis que les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Beni Mellal-Khenifra et Marrakech-Safi, voisines du Grand Casablanca-Settat, sont également fortement impactées sur le commerce, les transports, les activités financières, l’immobilier et autres industries manufacturières. Rappelons qu’avant sa fermeture, la raffinerie importait environ 1,7 million de tonnes par an de fioul et d’autres produits depuis différents ports de Tanger, Mohammedia, Jorf Lafar, Agadir, Laayoune et Dakhla. Après sa fermeture, le port de Tanger Med est devenu la principale porte d’entrée pour satisfaire les besoins pétroliers du marché intérieur.

Contribution substantielle
Seul effet positif, la réduction des émissions de carbone. L’industrie du raffinage du pétrole est, en effet, une source importante d’émissions de gaz à effet de serre telles que CO2 et le méthane. Ses émissions couvrent leur activité au sens large, depuis l’extraction des hydrocarbures jusqu’à leur consommation par le client final, sous forme de carburant, de gaz de chauffage, d’électricité d’origine gaz, ou encore de plastique.

La fermeture de la Samir a entraîné une réduction globale de 2,1% des émissions, selon l’étude en question. Ce qui représente une réduction d’environ 1,17 millions de tonnes (Mt). La situation géographique de la raffinerie dans la région du Grand Casablanca-Settat a entraîné une contribution régionale substantielle à la baisse des émissions (62,1 % du total). Ses régions voisines ont également contribué de manière significative à la réduction des émissions; Marrakech-Safi (7,5 % de la réduction totale), Beni Mellal-Khénifra (5,8 %) et Rabat-Salé-Kénitra (5,3 %).

Articles similaires