Liquidation de l'hôtel La Gazelle d'Or de Taroudant

Les créanciers ne lâchent pas prise

L’ancien fleuron de l’hôtellerie de luxe au Maroc est depuis de longues années aux prises avec la justice. Bank of Africa vient d’obtenir une notification de la cour d’appel de commerce d’Agadir pour la saisie conservatoire de son fonds de commerce en remboursement d’un crédit de 5,6 millions de dirhams.

La série des déboires judiciaires de l’hôtel la Gazelle d’Or à Taroudant se poursuit. Ainsi le management de cet ancien fleuron de l’hôtellerie de luxe au Maroc vient d’être notifié, vendredi 10 juin dernier, par la cour d’appel de commerce d’Agadir, d’une saisie conservatoire touchant le fonds de commerce de l’hôtel avec ses biens corporels et incorporels, au profit de Bank of Africa. Cette saisie devrait permettre de rembourser une dette de l’hôtel envers la banque de l’ordre de 5,6 millions de dirhams.

Cette somme n’est pas la seule créance détenue par la banque de Othman Benjelloun contre l’établissement. Le 22 mai 2022, la Gazelle d’Or avec toute sa partie foncière devait être vendu aux enchères selon une décision du tribunal de première instance de Taroudant. L’opération de vente était destinée à rembourser un crédit de 48 millions de dirhams au profit de Bank of Africa. Pour des raisons invoquées par la direction de l’hôtel, l’opération avait finalement été reportée. Bank of Africa a pu obtenir cette décision au terme d’un procès marathon qui l’a opposée à la propriétaire des lieux, Rita Bennis, qui conteste farouchement cette vente aux enchères. Ce n’est pas la première fois que l’hôtel fait l’objet d’une mise aux enchères.

Interminable bataille judiciaire
Une première saisie avait touché le palace en 2019 pour une vente aux enchères de son fonds de commerce pour une valeur de 30 millions de dirhams au profit de la perception fiscale de Taroudant, qui lui réclamait des arriérés de l’ordre de 10 millions de dirhams. Mais, encore une fois, l’opération n’a pas pu avoir lieu. L’hôtel est, depuis une décennie, au coeur d’une bataille judiciaire opposant sa patronne, Rita Bennis, aux héritiers de son ex-associé, Kamal Adham, un richissime homme d’affaires saoudien. Depuis le décès en 1999 de Kamal Adham, ses enfants, en particulier son aîné, Michâal Adham, contestent la propriété de l’hôtel à Rita Bennis. A la suite d’un long procès, plusieurs jugements avaient été rendus en faveur du Saoudien. Mais Rita Bennis a pu recouvrer ses droits sur l’hôtel à la suite d’un jugement rendu à son profit en 2018. Mais c’était trop tard car elle retrouve un établissement délabré, surendetté et à l’abandon. La crise du Covid-19 a amplifié ses difficultés financières.

Construit sur un terrain de 8 hectares, le palace était un joyau touristique dont le rang était presque similaire au palace la Mamounia de Marrakech. Fréquenté par les plus grandes personnalités marocaines et étrangères, la Gazelle d’Or était le lieu de rencontres pour les stars de la politique, du showbiz et de la diplomatie internationale. L’ancien président français et sa femme, Bernadette Chirac, y avaient tous les ans leurs habitudes pendant les vacances de fin d’année.

L’hôtel, aujourd’hui victime de nombreuses procédures judiciaires qui vont probablement provoquer sa liquidation, est devenu une légende en voie de disparition.