Libération de deux cyclistes marocains enlevés à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger

L'intervention des services marocains été concluante


Il n’a fallu que six semaines de coopération avec leurs homologues nigériens pour que nos services de renseignement libèrent deux ressortissants marocains enlevés par des « éléments armés » à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger.

Une fin heureuse pour nos deux ressortissants marocains ! Après six semaines de coopération entre les services de sécurité marocains et nigériens, les deux cyclistes Abderrahmane Serhani professeur retraité d’éducation islamique, âgé de 65 ans, et Driss Fatihi, commerçant de 37 ans, ont été localisés, puis libérés, samedi 13 mai 2023. Leur sort était compromis après avoir été enlevés le 1er avril par des « éléments armés » à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger, côté burkinabè.

Les cyclistes marocains avaient quitté le Maroc le 19 janvier dernier. Ils ont traversé le passage d’El Guerguerate au sud du Royaume vers la Mauritanie, dans le cadre de leur périple african. Depuis leur entrée au Burkina Faso en provenance de la Côte d’Ivoire, ils n’ont pas donné signe de vie. La dernière fois où ils ont communiqué sur leur déplacement sur les réseaux sociaux, ils avaient signalé avoir pris la direction de la frontière vers le Niger. C’était le 29 mars dernier. L’un des deux cyclistes avait posté une vidéo sur sa page Facebook dans laquelle il informait s’être dirigé vers le Burkina Faso, dont les parties Nord-Est sont sous l’emprise des groupes armés terroristes d’Al-Qaïda et de Daech depuis 2015.


Examen médical
Leur disparition suscitait beaucoup d’inquiétude. L’Association des cyclistes touristiques de Souss-Massa avait lancé un appel de recherche des deux cyclistes portés disparus. Cette alerte a été prise au sérieux et les recherches ont commencé. Un mois et demi plus tard, au lendemain de leur libération, le 14 mai plus précisément, l’ambassade du Maroc au Niger a noté que les deux hommes se trouvaient à Niamey, sains et saufs et qu’ils faisaient l’objet d’un examen médical à Niamey avant leur retour au bercail.

Une chose est sûre, l’intervention des services de sécurité du Royaume a été incontournable voire concluante dans cette opération. Elle l’a été également dans la libération, en décembre 2022, de l’activiste allemand Lange, qui travaillait au sein de l’ONG allemande “HELP”, kidnappé dans la région de Tillaberi au Niger et retenu en otage au Mali depuis 2018 par le groupe terroriste islamiste «Etat islamique au Grand Sahara» (EIGS). Le média allemand Spiegel avait affirmé que l’enlèvement de Lange a pris fin “ après près de quatre ans et demi... les services secrets marocains au Mali ont négocié la libération de Lange âgé de 63 ans.” Malgré les efforts inlassables des services allemands, sa libération a été rendue possible quand les services marocains sont en entrés en ligne.

Des cas d’enlèvement de ressortissants étrangers, européens notamment, dans la région du Sahel, n’ont pas connu une issue favorable. La Franco-Suisse Sophie Pétronin était retournée au Mali après avoir échappé à un premier enlèvement, en 2012. Elle a été kidnappée, en 2016, puis libérée quatre ans plus tard. Le cas de la missionnaire suisse Béatrice Stockly est beaucoup plus malheureux. Béatrice avait été exécutée après avoir été prise en otage une seconde fois. Et pourtant, l’intervention des services de renseignement suisses et européens n’ont pas été d’une grande utilité.

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