Comment lever la contrainte du financement?

Pour réussir le nouveau modèle de développement, la sortie de la spirale du surendettement s'impose comme une obligation ardente.

Grâce à des objectifs de développement ciblés, le nouveau modèle de développement (NMD) ambitionne de propulser le Royaume, dans beaucoup de domaines, dans le tiers supérieur des différents classements mondiaux des Nations d’ici 2035. Ambition qui requière la mobilisation pleine et entière de compétences nationales et locales, qui doivent être mieux préparées et outillées pour relever les défis du développement, dans un contexte devenu de plus en plus complexe et imprévisible

Vu ces conditions, cette ambition aussi légitime soit elle, nécessite de lever une contrainte de taille: la contrainte de financement qui pèse de manière structurelle sur notre économie. Rappelons que la crise de la Covid-19 n’a pas manqué d’avoir des répercussions sur les ressources de l’État et sur la nature des dépenses budgétaires urgentes. D’où la nécessité de mettre en place une stratégie adéquate et volontariste de financement pourrait renverser la tendance au surendettement que connaît notre pays, et ce depuis des décennies.

Pour financer ce projet ambitieux de développement, les membres de la commission considèrent que l’endettement, à travers notamment le marché des capitaux, sera un passage obligé. A cet effet, La commission n’hésite pas à suggérer un recours accru à l’endettement à court terme, ce qui interroge sur la soutenabilité des taux bas. Mais, d’un autre côté, le rapport général de la Commission fait la part belle aux autres sources de financement (Fonds Mohammed VI, marché boursier, dividendes des EEP et autres PPP...), ce qui, selon les membres de la commission, ne peut que contribuer à rassurer les investisseurs, car ce sont autant d’éléments qui vont soulager le recours à la dette.

En face, la commission fait l’hypothèse d’une croissance de 6% en moyenne à partir de 2025 et de 7% à partir de 2030. De quoi soutenir n’importe quelle politique budgétaire. Selon les évaluations préliminaires, il est estimé que les réformes et projets proposés dans le NMD nécessitent des financements publics additionnels de l’ordre de 4% du PIB annuellement en phase d’amorçage (2022- 2025), et de l’ordre de 10% du PIB en rythme de croisière à l’horizon 2030. Pour attirer les investisseurs, la Commission considère que les réformes transformationnelles proposées vont générer de la croissance et un retour sur investissement conséquent, et permettront d’assurer à terme la soutenabilité financière du modèle, en particulier si elles sont dûment séquencées.

Ainsi, les chantiers principaux du NMD, du fait de leur portée transformationnelle, favoriseraient la transition vers un nouveau palier de croissance annuelle du PIB pouvant s’établir à 6% en moyenne à partir de 2025 et à 7% à partir de 2030. La dynamique économique positive qui serait obtenue par un séquencement adéquat des réformes et projets, commençant par les plus structurants et ceux à plus fort impact économique, permettra un redressement des recettes fiscales, qui contribuerait à alléger à terme les besoins de financement de l’État et à restaurer, in fine, la soutenabilité des finances publiques.