Levée de boucliers contre le maire de Fès

À cause de son projet controversé, Fès Parkings

Pour avoir réalisé le projet Fès Parkings, qui présente de nombreuses irrégularités et failles juridiques, les habitants de Fès mettent la pression sur le maire de la ville, le PJDsite Driss El Azami Idrissi, pour s’expliquer.

Le moins que l’on puisse dire est que le maire de Fès, Drissi El Azami Idrissi, est, désormais, au coeur d’une énorme polémique. Tous les habitants de la capitale spirituelle du Royaume s’insurgent contre son projet, Fès Parkings, installé au niveau de la ville. Un projet controversé qui a nécessité pour le conseil communal de Fès, monopolisé par le PJD réduisant ainsi à néant l’opposition, de créer une SDL détenue à hauteur de 51% par la mairie et 49% par une société italienne dont le nom est délibérément occulté par le maire.

Un défaut de transparence flagrant dénoncé par les forces vives de la cité. Karim Berrada, secrétaire provincial du Syndicat national des commerçants et des professionnels, parle, en effet, d’un projet entaché de nombreuses irrégularités.

Données personnelles
«La première est que ce marché a été conclu de gré-à-gré entre le maire de la ville et les représentants de la société italienne. Il n’y a pas eu donc d’appel d’offres ni publication du cahier des charges. Nous exigeons que ce cahier des charges soit rendu public et accessible à tous les habitants qui souhaitent le consulter», explique M. Berrada. Ce dernier révèle également que pour profiter des prestations de ce projet, les Fassis devraient s’inscrire à travers une plateforme électronique matérialisée par une application créée par une société marocaine qui a pignon sur rue. Mais pour s’inscrire, l’automobiliste devrait introduire des données personnelles telles que son nom et prénom, son numéro de téléphone portable et le numéro de la plaque d’immatriculation de sa voiture.

Des données qui sont utilisées par la suite par la société étrangère, qui exploite ce projet, pour pister le trajet de l’utilisateur du parking. Or, pour l’insertion de ces données, le conseil de la ville de Fès n’a pas obtenu d’autorisation de la part de la Commission nationale de la protection des données personnelles. «Une plainte est en cours de dépôt auprès de la commission», nous révèle de son côté, Maître Ghassane Amarsal, avocat au barreau de Fès. Ce dernier avance aussi que d’autres plaintes à caractère administratif sont en cours de préparation contre le maire de Fès et les autres membres du conseil.

Maître Amarsal explique qu’en l’absence de toutes ces autorisations, le conseil de la ville enfreint délibérément la loi et se met ainsi dans une position contraire à la légalité. Il ajoute qu’outre ce projet contre lequel une forte contestation populaire s’est installée, la ville de Fès connaît désormais ses années les plus sombres et les plus difficiles sous la conduite de Driss El Azami Idrissi. Une période durant laquelle Fès est plongée dans l’oubli, la léthargie économique et une crise sociale profonde