Lettre ouverte à monsieur Biden, président des États Unis d'Amérique

Passer outre les intérêts politiques, géopolitiques et économiques, pour assurer les droits humains

Monsieur le Président, Vous êtes le leader de la première puissance militaire mondiale. Je me considère comme citoyenne du monde. Moi simple citoyenne donc, fais appel à vous Président des Etats-Unis d’Amérique. Je fais appel à votre puissance et à votre honneur. Je fais appel à votre foi, à votre humanité, à votre sagesse et à votre expérience politique. Pour arrêter l’anéantissement d’une nation.

D’une civilisation plusieurs fois millénaire. D’un pays dont le peuple est attaché aussi bien à ses traditions qu’à la modernité. Un pays laïque, dont le taux d’alphabétisation dépassait les 90%. Un pays qui était autosuffisant et en voie de développement.

Qui subissait et continue de subir les attaques de ses ennemis et l’occupation de son territoire. La Syrie, où des villes historiques ont été ravagées et des vestiges, patrimoine universel de l’humanité, rasés. Où une grande partie de la population a été massacrée ou obligée à s’exiler par millions. L’autre partie condamnée à la pauvreté, à la mendicité. Affamée, épuisée par dix années de guerre qu’on lui a imposée et qu’elle n’a pas méritée.

Leurs terres agricoles occupées ou brûlées, leur pétrole volé, les gens n’ont plus de fuel pour se chauffer ni pour faire marcher leur véhicule. L’électricité manque, ils vivent la plupart du temps dans l’obscurité. Les médicaments nécessaires deviennent de plus en plus rares. Le vaccin anti Covid 19, auquel les autres pays ont eu droit, est inexistant en Syrie. D’après vous, cela ne relève-t-il pas de crimes de guerre? La Syrie, Monsieur le Président, subit un blocus décrété par votre pays. Punition collective qui étouffe le peuple, le ruine et l’anéantit. Sous prétexte d’éradiquer la dictature et d’instaurer la démocratie.

Monsieur le Président, vos prédécesseurs ont marqué cette page noire de l’histoire des Etats Unis. Je m’adresse à vous et à votre administration pour arrêter la souffrance des Syriens. Mais aussi des Palestiniens, des Libanais, des Iraqiens, des Yéménites et des Iraniens... Bref, de tous les peuples du Proche-Orient. Et de passer outre les intérêts politiques, géopolitiques et économiques, pour assurer les droits humains.

Peut-être qu’une nouvelle politique étrangère, politique de non-ingérence, pourrait changer les sentiments de haine que portent, actuellement, les gens du Proche-Orient à une Amérique qui était, autrefois, le rêve du monde moderne.

Par Maissa SELHAMI