Les cliniques juridiques ciblent les populations défavorisées

Shoumicha Ryahia, Présidente de la commission régionale des droits de l’Homme Casablanca-Settat Shoumicha Ryahia, Présidente de la commission régionale des droits de l’Homme Casablanca-Settat

Maroc Hebdo : Le concept de clinique  juridique est encore récent au Maroc,  et donc peu connu du grand public.  En quoi consiste-t-il exactement ?
Shoumicha Ryahia :
Le concept  des cliniques juridiques au sein  des Facultés de droit consiste  à la diffusion de méthodes  d’enseignement interactif/pratique  à travers le perfectionnement des  compétences professionnelles des  étudiants et l’amélioration de leurs  capacités communicationnelles  avec la société. Le concept consiste  également à la sensibilisation dans  le domaine juridique au profit des  catégories vulnérables telles que les  ouvriers et les migrants de manière  à garantir leur droit à l’accès à la  justice, qui constitue un des défis  majeurs pour ces catégories sociales.


Comment s’organisent-elles ?
Shoumicha Ryahia :
L’organisation  des cliniques juridiques diffère d’un  pays à l’autre. Mais généralement,  la clinique juridique est une  structure universitaire composée  d’étudiants de droit qui travaillent dans la clinique sous la supervision  d’un enseignant spécialisé (professeur  de droit) et/ou d’un avocat. La clinique  oeuvre à fournir des prestations  juridiques (conseils et services) gratuites  aux catégories sociales vulnérables  ayant un accès limité à la justice.


Qui peut bénéficier des services de ces  cliniques et comment?
Shoumicha Ryahia :
Les cliniques  juridiques sont destinées en premier  lieu aux catégories sociales les plus  défavorisées ayant des difficultés  d’accès à la justice (moyens financiers,  analphabétisme, situation minoritaire  ou toute autre vulnérabilité). La  problématique qui se présente à ce  niveau consiste en le fait que le public  ne peut avoir accès aux universités,  d’où la nécessité de trouver des  solutions adéquates, par exemple  création de cliniques juridiques basées  en dehors de l’espace universitaire.


Quel bilan dressez-vous du travail des  cliniques déjà existantes?
Shoumicha Ryahia :
Il convient de  préciser ici qu’il s’agit de deux projets  de clinique juridique pilotés par la  CRDH Casa-Settat. Il n’est pas encore  question de dresser des bilans. Ce que  nous pouvons par contre déclarer,  c’est qu’il s’agit de deux projets qui  rentrent parfaitement dans le cadre du  plan d’action de la CRDH en matière  de promotion et de protection des  droits de l’Homme puisque ces deux  cliniques ont choisi de travailler sur deux  thématiques en fonction des spécificités  socio-économiques de leurs régions  respectives, à savoir la thématique  «immigration» à la FSJES de Settat  compte tenu du nombre important des  étudiants issus de pays subsahariens et  la thématique «droits de l’Homme et  entreprises» à la FSJES de Ain Sbaâ vu la  particularité de la région du Grand Casa  en terme de dynamique économique.


Vous avez appelé à élargir cette  expérience à l’ensemble du territoire.  Pensez-vous que ce concept peut réussir  partout au Maroc?
Shoumicha Ryahia:
Nous avons appelé  la généralisation des cliniques juridiques  à travers les universités du Royaume, car  nous pensons qu’elles pourraient avoir  un impact positif sur ces régions. Les  objectifs escomptés de la création de ces  cliniques demeurent la promotion et la  protection des droits de l’Homme, selon  les particularités des environnements  où elles sont installées. D’ailleurs, la  rencontre du 26 août 2015 a connu  la participation de représentants des  universités de Beni Mellal et de Oujda.


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