Les taxieurs mènent la guerre aux applications de transport : Une course acharnée pour les clients


Alors que les applications de réservation de taxis/voitures ont rapidement conquis le marché marocain grâce à leur disponibilité, des prix compétitifs et un service de qualité, les taxieurs sont sur le qui-vive contre leurs nouveaux concurrents.

Trouver un petit taxi dans les grandes villes telles que Casablanca, Tanger ou Rabat… est un pari souvent perdu. Quoique le nombre des petits et grands taxis ne cesse de croître au Maroc, les Marocains considèrent toujours le transport comme l’un des problèmes majeurs qu’ils rencontrent quotidiennement selon plusieurs rapports et sondages.

Faisant la navette depuis des années, Hala ratait souvent ses trains à cause des taxis qui refusaient de la prendre sous prétexte qu’ils ne vont pas à la même destination, mais «ça fait déjà des mois que j’ai commencé à commander à travers l’application, c’est un moyen de transport rapide et d’une tarification instantanée. Le chauffeur vient me récupérer chez moi et je suis toujours dans les temps».

D’ailleurs, Hala n’est point la seule qui a décidé depuis longtemps d’opter pour ces applications.

En l’absence de chiffres officiels sur le nombre d’utilisateurs de ces applications, leur multiplication rapide (Careem, Heetech, Indriver…) prouve que c’est un marché qui fait florès au détriment d’un service de transport archaïque. «Le transport au Maroc est un secteur aux abois qui nécessite une refonte globale et des réformes structurelles, notamment dans l’offre proposée aux citoyens», nous annonce Sara, une femme dans les quarantaines qui s’est également convertie aux applications depuis bien longtemps.


Est-ce légal?

Une réforme du secteur?,même les taxieurs la réclament. D’ailleurs, sous la bannière de la Coordination nationale des syndicats du secteur des taxis au Maroc, ils ont observé, jeudi 1er septembre 2022, un sit-in devant le siège de la wilaya de Casablanca pour protester contre la gestion de leur secteur à coup de «circulaires» provenant du ministère de l’Intérieur. Une action qu’ils menacent de porter à l'échelle nationale si un dialogue «sérieux» n’est pas engagé dans les meilleurs délais. Un besoin urgent de réforme né principalement à cause des menaces que les taxieurs ont ressenties de la part des autres moyens de transport, plus appréciés des usagers, et des applications de mise en contact entre utilisateurs et conducteurs privés. Alors que cette réforme semble encore loin, les taxieurs appellent les autorités d’abord à stopper ces applications!

«Ces applications restent un moyen illégal, assimilable au transport secret, qui nécessite l’intervention des autorités compétentes pour y mettre un terme», nous annoncent les différents chauffeurs de taxi professionnels qu’on a rencontrés. En effet, la loi marocaine criminalise toute personne qui transporte les personnes sans autorisation, telles que ces applications.

Les syndicats des taxis de la ville de Casablanca à titre d’exemple ont appelé les autorités de wilaya de la région à «jouer leur rôle» et à «intervenir pour stopper l’anarchie que connaît le secteur, et le sauver de l’invasion des applications intelligentes». Profitant de la situation d’illégalité des applications, les chauffeurs de taxi attaquent parfois même les conducteurs participant à ce service digital.

Pour leur part, les conducteurs utilisant les applications mobiles estiment que le recours à la technologie dans le monde du transport contribue à créer des emplois pour les chauffeurs professionnels au chômage, ainsi que pour les titulaires de la carte d’autoentrepreneur dans les transports et facilite en même temps la tâche pour les citoyens.

 

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