Législatives: Hamidine et Sekkal barrés, le PJD s’élève

La formation islamiste garde encore en travers de la gorge le refus de l’Intérieur d’avaliser la candidature de deux de ses figures de proue dans la circonscription de Rabat.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) accuse. Et récuse. Le refus du ministère de l’Intérieur de valider la candidature de deux de ses hommes, à savoir Abdelali Hamidine et Abdessamad Sekkal, aux législatives du 8 septembre 2021 lui reste en travers de la gorge. Dans un conférence de presse qu’il avait donnée le 26 juillet 2021 au siège du parti dans la ville de Rabat, le secrétaire général de la formation et par ailleurs chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, avait même taxé le département d’Abdelouafi Laftit de “sournoiserie politique” et de “rudesse légale”.

MM. Hamiddine et Sekkal ont, en outre, eux-mêmes réagi sur leurs pages personnelles sur les réseaux sociaux pour faire part de leur ire, le premier cité parlant notamment d’un “scandale politique, moral et juridique”. “Je me désole de ce niveau où sont descendues les choses,” a, pour sa part, écrit M. Sekkal. Les suiveurs de la scène politique nationale ne doivent bien sûr pas ignorer les noms de MM. Hamiddine et Sekkal: respectivement vice-président du conseil national du PJD et président du conseil de la région de Rabat-Salé-Kénitra, ils font partie des principales figures de l’islamisme marocain.

Les mesures prises par le ministère de l’Intérieur à leur encontre constituent donc un coup dur pour le PJD et ne sont pas sans miner ses chances dans la circonscription où ils comptaient se présenter, en l’occurrence celle de Rabat. Il va sans dire que la réaction au vitriol du parti était, par conséquent, attendue, sachant qu’en plus celui-ci a vu ses chances de terminer pour la troisième fois consécutive premier des législatives grandement affectées par le changement du mode de calcul du quotient électoral, et ce dans le cadre de la réforme de la loi organique relative à la chambre des représentants: le PJD risque selon ses propres analyses de perdre une bonne quarantaine de sièges à la première chambre du parlement.

Ceci dit, le ministère de l’Intérieur ne manque pas de souligner la base légale de ses décisions: la direction générale des affaires intérieurs, qui est à l’origine de ces dernières, a en fait découvert que MM. Hamidine et Sekkal n’habitaient tout simplement plus par Rabat, et que, de fait, ils ne pouvaient plus, eu égard aux dispositions en vigueur, s’y présenter, car pour être élu il faut d’abord faire partie du corps des électeurs. Mais les concernés ainsi que leur parti refusent donc d’avaler la pilule.

Est-ce de victimisation dont il feraient en fait encore preuve? Car d’aucuns renvoient à la rhétorique dont déjà avait usé, à l’orée des législatives du 7 octobre 2016, le PJD à l’encontre de l’administration pour parler d’un complot à son égard consistant en une mainmise sur le jeu politique, ou “tahakkom” en arabe, à son détriment. Ce qui, au moment de l’annonce des résultats, lui avait d’ailleurs valu une petite phrase acerbe du ministre de l’Intérieur de l’époque, Mohamed Hassad. Une recette qui serait alors encore en train d’être éprouvée.