Le Polisario mène une campagne hostile contre les multinationales installées au Maroc

 MHammed-Khaddad


Un chantage d’un nouveau genre


Sahara. Les dirigeants du Polisario ont décidé, avec l’aide de leur lobby au sein de l’Union européenne, de mener une campagne pour discréditer 300 multinationales opérant au Maroc.

Se référant à des recommandations  du dernier congrès  du mouvement, tenu du 16  au 24 décembre 2015, dans le camp  de Dakhla, dans le désert algérien,  plusieurs dirigeants du Polisario  n’ont pas caché leur volonté de  nuire à l’image des multinationales,  notamment pétrolières, liées par  des accords avec le Maroc, et s’activant  dans le Sahara. Cela s’est passé  quelques semaines après le déplacement  de dirigeants du Polisario en  Norvège (à Oslo), à leur tête le coordinateur,  M’Hammed Khaddad, pour  réagir à la contre-offensive diplomatique  du Maroc en Scandinavie.  Ce déplacement a été financé par  l’Algérie, qui a débloqué 10 millions  d’euros pour couvrir les charges de  cette mission “spéciale”.


Mais ce n’était le seul objectif des  dirigeants du Polisario et de leurs  commanditaires algériens. Leur  lobbying aurait servi à faire changer  d’avis le groupe français Total, qui  a décidé d’abandonner ses projets  de forage Anzarane Offshore, qui  couvrent 100.000 km², non loin des  eaux mauritaniennese. La raison  avancée par Total est que les études  préliminaires n’auraient rien donné.  Mais comment a-t-on poussé Total  à se désengager de ses projets de  forage au Maroc? Un fonds souverain norvégien, quatrième actionnaire  de Total avec un peu plus de 2% des  actions (pour une valeur d’environ  3 milliards d’euros), exerce depuis  deux ans une forte pression sur le  groupe français et a même menacé  de se désengager du groupe.


Contre-offensive diplomatique
Le fonds souverain norvégien a mis  en place un certain nombre de critères  éthiques, qui l’ont conduit dans  le passé à se désinvestir de 63 entreprises  au total. Il réfléchirait actuellement  à une extension de ses critères  d’exclusion, pour y inclure les  compagnies pétrolières et gazières  opérant dans des zones à “conflit”.


Autre exemple de la pression exercée  sur le groupe Total: en juin 2013, la  firme norvégienne d’assurance-vie  KLP avait également annoncé son  désinvestissement de Total en raison  de ses activités au Sahara.


Finalement, la stratégie du clan séparatiste  commence à porter ses fruits.  Sur le plan diplomatique, l’Algérie  et le Polisario se font aider par plusieurs  ONG pro-Polisario, notamment  l’ONG Western Sahara Resources  Watch (WSRW), qui a même publié  en 2014 un rapport très critique sur  le rôle de Total au Sahara occidental,  intitulé «Injustice totale».


C’est une guerre d’un nouveau  genre qui nécessitera une contreattaque  diplomatique marocaine,  sachant que rien que concernant  la recherche des hydrocarbures  comptait 40 permis en onshore, 90  permis en offshore, 2 autorisations  de reconnaissance en onshore, 3 en  offshore et 11 concessions d’exploitation  ainsi que 4 Memorandum of  Understunding sur les schistes bitumineux  à des multinationales qui  dépensent des milliards de dollars  chaque année