«Le modèle Maroc. Concevoir la croissance économique pour le bien commun», de Gunter Pauli : Concevoir un nouveau modèle de croissance est possible


Ou quand les idées peuvent se traduire en actions pour transformer tout un pays.

Pour M. Pauli,  «tout a commencé à partir du mariage d’un pays extraordinaire qu’est le Maroc, avec une entreprise extraordinaire qu’est le groupe OCP, et d’une découverte extraordinaire d’opportunités qui méritent une attention immédiate». Rien ne justifierait, explique-il, de retarder l’adoption de ces opportunités extraordinaires de transformation avec à leur cœur le bien commun.

Aussi, à travers son ouvrage «Le modèle Maroc» , M. Pauli va nous présenter une nouvelle façon de penser et de faire qui transformera le Maroc au-delà de ce que les économistes traditionnels européens ont conseillé. Pour l’auteur, «cela pourrait bien faire du Maroc un moteur de politiques publiques hautement matures, un exemple reproductible et ajustable ailleurs, dans d’autres parties du monde confrontées à des défis et des opportunités différents mais partageant les mêmes besoins pour des environnements sains et des vies productives».
Pour M. Pauli, il est possible de générer un développement économique durable au Maroc sans pour autant se brader, le tout au détriment des communautés marocaines. Du gaspillage, M. Pauli en fait une ressource qu’on utiliser gratuitement pour créer de la valeur.
Cet ouvrage est plein d’opportunités pratiques qui se sont révélées les unes après les autres lors des voyages de l’auteur au Maroc. «Les déchets des mines de phosphates deviennent du papier (de pierre) et des emballages innovants», expose-t-il.

Source d’inspiration
«De même, le chardon qu’on désigne comme “mauvaise” herbe devient une source d’énergie et de nourriture. Même l’abondance de fossiles dans notre pays devient la source d’inspiration d’un tout nouveau genre de tourisme». Et de conclure: «La vision du Modèle Maroc est que des milliers, et peut-être même un jour des millions, d’hectares de plantations d’algues pourront générer de nouveaux revenus pour ces communautés tandis que les plantations contribueront également à la restauration des stocks de poissons et des environnements marins tout en séquestrant le carbone. Les plantations d’algues soutiendront économiquement des centaines de milliers de personnes le long du littoral marocain de 3 000 kilomètres. En chemin, le Maroc fera une transition lui permettant de passer d’un pays minier de phosphate qui est consommateur d’énergie vers une situation où il sera un pays cultivateur de phosphate producteur d’énergie. Si cette vision peut prendre des décennies à se concrétiser et être le produit de l’imagination, c’est aujourd’hui que nous mettons le processus en marche. Après tout, nous n’avons pas de temps à perdre!»

Ainsi, la vision de M. Pauli part d’une hypothèse critique: «Nous pouvons toujours utiliser ce dont nous disposons déjà». Notre défi n’est pas de copier un succès étranger. Notre opportunité réside dans la découverte de ce que nous avons dans notre propre pays, insiste-t-il. Dans chacune de ces opportunités, les forces de la nature sont la principale source d’inspiration. En travaillant avec la nature, nous pouvons créer des communautés qui servent naturellement le bien commun.

Dans ce monde, chaque enfant au Maroc peut réaliser ses rêves. C’est le merveilleux cadeau de ce livre, nous dit Leila Mhaidrat, doctorante en paléontologie à l’Université Hassan-II de Casablanca, en préface de ce livre plein d’idées riches et innovantes. «Notre beau pays peut amplement passer de la rareté à l’abondance, du chômage au plein emploi, et de l’exploitation de la nature à la régénération des écosystèmes», écrit-elle.  Ainsi, pour cette paléontologue, rien n’empêche le Maroc de construire une économie prospère répondant aux besoins de tous les Marocains.

2021, 207 pages. Écrit en coopération avec le Groupe OCP (Maroc)

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