Le Maroc en pleine saison de production d'huile d'olive

Kamal Tahiri au salon national de l’olivier à Attaouia. Kamal Tahiri au salon national de l’olivier à Attaouia.

Agriculture. Après une bonne pluviométrie l’année dernière, la récolte de cette année s’annonce bonne au Maroc. La région de Marrakech occupe sans conteste la première place en termes de quantité et de qualité.

Bonne nouvelle! La production  de l’huile d’olive sera  abondante cette année. Elle  est vendue entre 35 et 40 Dh/litre au  départ des usines d’extraction d’huile  d’olive dans la région de Marrakech,  qui accapare 30% de la superficie  cultivée et 16% de la production  nationale. Généralement, après  une bonne pluviométrie l’année  dernière, la récolte de cette année  s’annonce bonne au Maroc. La  région de Marrakech, notamment  les villes mitoyennes Kalaa Sraghna  et Attaouia, occupe sans conteste la  première place en termes de quantité  et de qualité.


C’est un bon cru cette année!,  s’exclame Kamal Tahiri, directeur  général de la société Sud Atlas  d’industriels alimentaires,  spécialisée dans la production et la  commercialisation d’huile d’olive et  d’olives de table, basée à Attaouia.  Les connaisseurs prisent l’huile  de cette ville 100% agricole, pour  sa douceur et son goût fruité très  prononcé, sa saveur incomparable.  «Nous commercialisons une huile  d’olive extra-vierge à 0,7% d’acidité  issue de la picholine marocaine.  Normalement, d’après le conseil  oléicole international, jusqu’à  3%, l’huile d’olive est alimentaire.  Au-delà, elle présente un risque pour  la santé».


La variété d’olive marocaine, dite  picholine, est connue pour sa qualité  et son goût prononcé. La pression à  froid de cette variété d’olive donne  une huile de qualité avec un goût  fruité qui est préservé toute l’année.  L’autre variété cultivée au Maroc est  d’origine espagnole, dite arbequine,  qui a l’avantage d’avoir un rendement  annuel plus important que la picholine marocaine. Une tonne  d’arbequine donne 22 litres d’huile  d’olive, tandis que la même quantité  de picholine n’en donne que 17 ou  18 litres. Cependant, après 5 mois de  stockage, l’huile issue de l’Arbequine  perd de sa couleur et son goût. En  revanche, la picholine marocaine  demeure intacte toute l’année. Son  seul inconvénient, c’est son cycle  d’alternance, dans ce sens où elle  donne un rendement important  cette année, il faut s’attendre à un  rendement faible l’année d’après.


Déficit de marketing
Côté goût, la picholine marocaine,  celle de Attaouia particulièrement,  est de loin meilleure et est très prisée  au Maroc et dans le monde entier.  «Si l’huile espagnole ou italienne  est dite la meilleure, c’est parce que  l’Espagne et l’Italie misent gros pour  faire du marketing pour leur huile»,  souligne Kamal Tahiri.


De nos jours, l’huile d’olive marocaine  répond aux normes internationales.  Le Maroc est classé cinquième  producteur mondial d’huile d’olive,  derrière l’Espagne, la Tunisie, l’Italie  et la Grèce. Le Royaume occupe  la même position sur le plan des  exportations, qui s’élèvent à 45.000  tonnes annuellement, dont 11.000 à  14.000 tonnes d’huile d’olive extravierge.  Le Maroc a presque doublé  sa production nette d’huiles en six  ans, à plus de 1,5 million de tonnes,  dont 120.000 à 145.000 tonnes d’huile  d’olive. Elle est exportée notamment  aux Etats-Unis, en Espagne et en  Italie.