Le conflit PJD-Palais est une chimère


Mustapha El Khalfi, membre du  secrétariat du PJD –et par ailleurs  ministre de la Communication et  porte-parole du gouvernement- a réagi dans un  texte publié par le quotidien arabophone Akhbar  Al Youm en date du jeudi 10 septembre 2015 à  propos d’un article du journal Le Monde traitant  des résultats du scrutin du 4 septembre et de ses  enjeux. Ce quotidien avait en particulier donné  la parole à un universitaire marocain qui avait  estimé que la victoire de la formation islamiste  est «un problème sérieux pour la monarchie».  Dans sa réponse, Mustapha El Khalfi  argumente pour démonter, en plusieurs points,  l’interprétation donnée par le professeur  Mohamed Madani. Il précise, pour commencer,  que l’assertion relative à un «conflit» créé par le  score du PJD dans ses relations avec la monarchie  n’est qu’une chimère. À quelle occasion,  interroge-t-il, ce parti a provoqué un problème  à cette institution centrale du Royaume? Il a  aussi précisé à cet égard que, depuis sa création,  voici presque deux décennies, sa formation s’est  déployée dans le seul cadre de la légalité, militant  au sein des institutions de représentation dans le  respect des fondamentaux.


Dans cette même ligne, M. El Khalfi récuse le  schéma avancé par cet universitaire qui fait  référence à une «cohabitation entre le PJD et  la monarchie. Il explique que son parti dirige  le gouvernement et que ses rapports avec le Roi sont clairement définis par la Constitution.  Le Souverain est le Chef de l’État, il préside le  Conseil des ministres et il a des attributions larges  fondées sur sa mission de garant de la continuité  de l’État, du bon fonctionnement des institutions,  des droits et libertés des citoyens ainsi que des  grandes orientations stratégiques. Quant au  gouvernement, dans son domaine, il a en charge  l’application de son programme et la mise en  oeuvre des politiques publiques qui le déclinent.  Revenant sur l’idée d’une «bipolarisation» entre  le PJD et le PAM, M. El Khalfi la juge irrecevable et  non pertinente. Le champ partisan national ne se  réduit pas à ces deux partis et il se distingue par un  pluralisme fort d’une trentaine de formations. S’il  y a deux pôles, ce sont plutôt celui de la majorité  avec à sa tête le PJD et ses trois alliés (RNI, MP,  PPS) et celui de l’opposition formée du PAM, du  PI, de l’UC et de l’USFP.


  Chacun de ces huit partis a son parcours historique,  son identité et sa sociologie. C’est dire que l’on ne  saurait évacuer ces données en proposant comme  lecture au scrutin du 4 septembre 2015 une  hypothèse de «bipolarisation» qui est proprement  artificielle, méconnaissant le large spectre du  champ partisan et les résultats différenciés de  ses composantes.


Enfin, M. El Khalfi souligne que ces élections ont  été marquées par la transparence, la régularité  et la sincérité de l’expression et du choix des  citoyens. Globalement, c’est un satisfecit qui  les caractérise, une appréciation confirmée, si  besoin était, par plus de 4.000 observateurs, dont  plus d’une centaine d’étrangers de multiples  organisations et associations internationales.


Les élections ont également été l’occasion de  conforter les libertés individuelles tout au long  de la campagne électorale et elles ont traduit  une mobilisation citoyenne. Et de conclure  que le PJD, tel qu’en lui-même, n’est pas un  «problème sérieux» pour la monarchie mais,  bien au contraire, une «solution» conséquente  à l’étape de la construction démocratique à  l’ordre du jour ainsi qu’à la poursuite des réformes  éligibles au Nouveau Règne et au projet de société  de S.M. le Roi.


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