Fouzi Lekjaâ, Homme de l’année 2022 : Le catalyseur


La performance inouïe et historique de l’équipe nationale au Mondial Qatar 2022, première équipe africaine et arabe à s’être qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du Monde, mais pas seulement, a joué en sa faveur. 

Comme chaque année, la rédaction de Maroc Hebdo nomme l’Homme de l’année. Le choix a été porté pour cette année 2022 sur Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Ce n’est pas sa première distinction. Il a déjà été désigné personnalité de l’année 2017. Cette foisci, la performance inouïe et historique de l’équipe nationale au Mondial Qatar 2022, première équipe africaine et arabe à s’être qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du Monde, mais pas seulement, a joué en sa faveur. Cet exploit inédit, M. Lekjaâ en a été, en bonne partie, le catalyseur. Il était omniprésent. Il agissait dans l’ombre. Il a su fédérer quand des malentendus ont failli faire éclater la cohésion du Onze national. Il a préféré, dans un premier temps, soutenir l’ancien sélectionneur national, le Bosnien Vahid Halilhodzic, qui a rechigné à intégrer le champion européen Hakim Ziyech. Fouzi Lekjaâ avait ses raisons, certes. Céder à la pression de la rue et changer de coach à quelques encablures de la plus importante compétition internationale de football n’est pas une chose aisée. Mais il a fini par faire pencher la balance du côté de la presse, des supporters et du grand public quand Vahid ramait contre vents et marrées, perdant sa cote de popularité. À quelques semaines seulement du Mondial au Qatar, Fouzi Lekjaâ a pris une décision difficile. Il a acté le départ du Bosnien Vahid Halilhodzic et placé sa confiance en Walid Regragui, l’ancien coach du Wydad de Casablanca, qui a remporté la Ligue des Champions et le titre de la Botola. En peu de temps et malgré toute la pression qui pesait sur lui, ce dernier s’est montré rassurant concernant la gestion de l’équipe nationale. Lekjaâ lui a donné carte blanche, de l’aveu même de Regragui, pour mener tranquillement sa mission. M. Lekjaâ a su que ce qui manquait à l’équipe nationale, c’est cette ambiance, cette identité collective et cette homogénéité d’un groupe qui ne souffre d’aucun complexe ni de malaise. Pour lui, le profil idéal, c’était Walid. Il a pris la décision puis assumé son choix. Le président de l’instance fédérale a appelé les joueurs à croire en leur potentiel et avoir confiance en eux. Aussi, il a mis à leur disposition et à celle du coach tous les moyens pour y parvenir. Fouzi Lekjaâ, qui était arrivé jusqu’à se hisser en mars 2021 au Conseil de la Fédération internationale de football associa tion (FIFA), l’instance suprême du football dans le monde, a été longtemps critiqué quand les résultats peinaient à être au rendez-vous, surtout que pour les atteindre, on consent des centaines de millions de dirhams de l’argent du contribuable. De bonne guerre! Rien qu’en cette année 2022, la moisson a été plus que bonne. Les clubs nationaux ont réussi à remporter deux titres continentaux avec les sacres respectifs du Wydad et de la Renaissance de Berkane -dont il est le président d’honneur-, en Ligue des champions et en Coupe de la confédération. Derrière l’engagement de M. Lekjaâ, il y a, à n’en pas douter, une volonté tenace du Roi Mohammed VI de faire du sport, en général, et du ballon rond, en particulier, un moyen de développement humain. Le Souverain, lui-même amoureux du sport roi, soutient le président de la Fédération royale marocaine de football, l’oriente quand il le faut et lui témoigne sa confiance personnelle. Bien évidemment, tout n’est pas rose. La professionnalisation du championnat national est encore en chantier. La situation financière et les dettes de certains clubs sont perçues comme un spectre qui plane sur le football national et le menacent même de sanctions de la part de la FIFA. C’est dire que M. Lekjaâ a encore du pain sur la planche. Aussi, les fonctions qu’il cumule peuvent handicaper son action à moyen terme. On ne peut pas être bon en tout. A lui donc de justifier qu’il est toujours la bonne personne, au bon moment, au bon endroit.

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