Lancement de la campagne agricole 2021-2022

En attendant la clémence du ciel

Toute une série de mesures et dispositions permettront non seulement d’assurer la disponibilité des intrants agricoles mais aussi d’inciter et accompagner les agriculteurs.

Tous les regards des agriculteurs sont fixés vers le ciel. Les pluies de l’automne, très en retard cette année, se font attendre. Ces retards sont de plus en plus fréquents. Changement climatique oblige. Ceci n’a pas empêché Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, de prendre les devants, en lançant officiellement, le vendredi 12 novembre 2021, à Ain Sbit (province de Khémisset- Région de Rabat-Salé-Kénitra), la campagne agricole 2021-2022.

Le tout accompagné par une série de mesures et dispositions nécessaires qui permettront d’assurer la disponibilité des intrants agricoles (semences, engrais et produits de traitement). Sans oublier l’accompagnement des agriculteurs. Une enveloppe financière de 8 milliards de dirhams sera, ainsi, dédiée au financement de l’actuelle campagne contre 4 milliards de dirhams lors des campagnes précédentes.

Le même jour, le ministre a lancé le programme de semis direct des céréales de cette campagne agricole. Lequel vise à améliorer la résilience du secteur agricole face aux changements climatiques. Avec ce programme, «la tutelle entend promouvoir une agriculture durable et éco-efficiente, conformément aux dispositions de la nouvelle stratégie Génération Green 2020-2030», est-il souligné par le département de l’agriculture.

Économie de l’eau oblige
En effet, pour l’actuelle campagne, le ministère de l’Agriculture a programmé 50.000 hectares répartis sur pas moins de cinq régions, que sont non seulement la Rabat-Salé-Kénitra, visée notamment par un programme pilote, mais aussi Casablanca- Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Beni Mellal-Khénifra. Économie de l’eau oblige, le semis-direct des céréales est l’un des packages technologiques qui a montré son efficacité, dans les zones arides et semi- arides.

Rappelons que cette technique désigne un mode d’installation des cultures sans recours aux travaux des sols. Ce qui permet la sauvegarde des micro-organismes ainsi que la conservation de l’humidité du sol. Pratiquée par des semoirs spécifiques, cette technique assure aussi des gains substantiels en termes de rendement et de réduction des coûts d’exploitation.

C’est pour promouvoir le semis direct que le gouvernement a, d’ailleurs, mis en place toute une série de mesures incitatives et d’accompagnement. Il s’agit, notamment, de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA) pour l’acquisition des semoirs de semis-direct. L’aide peut atteindre 50% du coût du matériel. Mais elle est plafonnée selon la taille du semoir.

Elle est fixée à 50.000 dirhams pour les semoirs de moins de 2 mètres et passe à 90.000 dirhams pour ceux d’entre 2 et 3 mères, et au-delà, elle est plafonnée à 100.000 dirhams. Parallèlement, il sera procédé au renforcement des actions de conseil agricole à travers les plateformes de démonstration, les écoles aux champs, la formation des conseillers et des agriculteurs. À noter que ce type d’accompagnement a été largement adopté par l’OCP via son programme Al Moutmir. Un programme réussi qui ne cesse de donner ses fruits.

Le ministère de l’Agriculture n’a pas manqué d’annoncer également des actions d’encouragement ciblant la création de sociétés de prestation de service. S’ajoute aussi la création d’une entité dédiée au niveau du Centre international du conseil agricole (CICA). Sa mission sera centrée sur l’accompagnement des jeunes entreprises agricoles dans le domaine du semis-direct, le transfert de technologies et de savoir-faire aux agriculteurs, et la formation des exploitants et des conseillers agricoles.

Le tout, en poursuivant le programme de recherche et développement à travers, notamment, la mise en place de plateformes d’innovation et la réalisation de cartes de viabilité du sol au semis direct.