Lamyaa Salaouaci, La Marocaine qui brille au monde des affaires espagnol

La première femme arabo-africaine membre du Comité exécutif de la Chambre de commerce de Madrid

Ayant quitté le pays il y a 14 ans pour sauver la vie de son enfant, son courage et son ambition ont fait de la femme d’affaires Lamyaa Salaouaci un trait d’union entre L’Espagne et le Maroc.

À l’âge de 44 ans, Lamyaa a réussi à entrer par la grande porte du bureau exécutif de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Madrid. Une source de fierté mais surtout une lourde responsabilité pour la jeune maman. «Je suis consciente qu’il y aura plus d’attention sur mon travail, vu que je suis une femme d’affaires, une migrante marocaine, qui exerce son activité professionnelle en Espagne».

Cette jeune femme qui «respire le travail» trouve une source de motivation et de défi dans le regard que certains portent sur elle mais surtout dans l’amour et la confiance de son fils et de sa famille. «Partager une chaise en séance plénière avec d’importants hommes et femmes d’affaires madrilènes est un honneur, mais c’est aussi un engagement ». Pour Lamyaa, «être une femme d’affaires signifie travailler dur, ne pas se plaindre et toujours faire avancer les choses avec le sourire».

Parcours de combattante
Se réclamant d’abord et avant tout marocaine de coeur et d’esprit, Lamyaa considère l’Espagne comme sa patrie également. «Comme toutes les mères, mon fils est ce que j’aime le plus dans la vie» nous confie la jeune entrepreneuse. C’est pourquoi à l’âge de 32 ans, seule, dans l’espoir de sauver la vie de son fils qui souffrait de leucémie, elle a tout laissé tomber au Maroc et s’est dirigée à la ville de Madrid, 120 euros en poche. Voir son enfant, déjà âgé de 17 ans aujourd’hui, sain et sauf, donne à Lamyaa «la force de travailler sans relâche». Depuis ce combat, toutes les difficultés que cette femme courageuse a eues lui semblent surmontables.

Alors qu’elle a fait des études en droit puis en tourisme, la pratique dans l’entreprise est sa plus grande source de savoir. «C’est là où j’ai grandi en tant que femme d’affaires, voyant des opportunités et développant des solutions aux problèmes de l’entreprise». Lamyaa Salaouaci est aujourd’hui PDG de Trade Ventures. Une entreprise spécialisée dans la création des parcs technologiques dédiés à l’innovation, à la biotechnologie, à la recherche biomédicale. Lamyaa établit des partenariats entre des entreprises du Maghreb et du Moyen-Orient, intéressées à s’établir en Espagne et à établir un pont de connexion avec le reste de l’Europe à partir de notre voisin ibérique.

«Ma présence à la Chambre de Commerce de Madrid sera l’occasion de faire connaître les développements en matière d’innovation menés par des entreprises marocaines, syriennes, jordaniennes et égyptiennes. Où, soit dit en passant, les femmes ont une présence fondamentale. Changer ces stéréotypes fait partie de mon rôle de députée», nous confie Lamyaa.

Lamyaa dirige également la Fondation QUBE, un centre technologique dédié à fournir des espaces et des services pour soutenir l’innovation dans le domaine des biotechnologies et des sciences de la santé. Ayant vécu entre le Maroc et l’Espagne, deux pays voisins qui partagent un potentiel immense de développement, notamment en temps de difficultés, Lamyaa considère la connaissance mutuelle de ce qui nous unit et de ce qui peut nous éloigner comme base pour l’alliance bilatérale, et se donne pour mission de participer au partage du savoir d’un côté et de l’autre.

Le Maroc, quatrième plus grande économie de tous les pays arabes, avec une croissance approchant les 4%, avec de nombreuses entreprises espagnoles qui s’installent à Tanger, est devenu un pôle industriel privilégié, avec une position stratégique de grande valeur. En plus, la présence de plusieurs entreprises qui ont atteint une maturité qui leur permet de contribuer à l’économie européenne et d’être compétitives au premier niveau fait de la mission de Lamyaa Salaouaci de «promouvoir l’entreprise espagnole au Maroc un honneur, et ouvrir les marchés espagnols aux entreprises marocaines une source de fierté».