L'Allemagne menace le Maroc de suspendre les aides au développement



Les choses se développent rapidement  en Allemagne. Au moment  où l’on croyait que les relations  politiques se sont un peu apaisées  avec le Maroc suite à l’entretien  téléphonique entre S.M. le Roi et la chancelière  allemande Angela Merkel, le gouvernement  allemand vient de menacer le  Royaume de suspendre ses aides si ce  dernier ne coopérait pas dans le rapatriement  des Marocains qui se sont vu refuser  le statut de réfugié politique.

Cité par la chaine Deutsche Welle, le  vice-chancelier allemand, Gabriel Sigmar,  n’a pas hésité à proférer des menaces  directes liées à l’arrêt des aides au développement  envers les pays du Maghreb,  et notamment le Maroc, s’ils refusent de  reprendre les réfugiés qui ont été déboutés  de leurs demandes d’asile. «Ceux qui  ne coopèrent pas assez ne peuvent pas  profiter de nos aides au développement»,  a-t-il lancé sans détours. Ce n’est pas la  première menace du genre. Déjà, l’année  dernière, les autorités allemandes avaient  menacé de mettre fin à l’aide au développement  si les pays du Maghreb refusent  de recevoir leurs immigrés clandestins.  Sur ce sujet, Angela Merkel s’était entretenue  il y a quelques mois avec le Roi  Mohammed VI et le ministre de l’Intérieur,  Mohamed Hassad, avait fait le déplacement  en Allemagne pour tenter de trouver  des solutions.

Durcissement de ton
A l’origine de cette nouvelle tension diplomatique,  le 19 décembre 2016, l’Allemagne  a connu une attaque terroriste  menée par un ressortissant tunisien à qui  le pays avait pourtant refusé la demande  d’asile politique et à qui les autorités tunisiennes  n’avaient pas fourni une nouvelle  carte d’identité. «Ces pays reçoivent  des aides économiques de la part de  l’Allemagne, mais en retour ils refusent  de coopérer concernant ce problème.  Cela est inacceptable», avait souligné le  vice-chancelier Gabriel Sigmar, faisant  référence à l’Algérie et au Maroc.

Ce qui complique davantage la situation,  c’est que Berlin envisage de classer le Maroc, l’Algérie et la Tunisie comme des  pays «sûrs». Ce n’est pas vraiment un  point positif dans la mesure où cette décision,  une fois appliquée, rendrait difficiles  les demandes d’asile des ressortissants  marocains. Ceci, sans compter avec ce qui  se passe au Parlement allemand, sachant  que la loi est bloquée depuis des mois  durant par la gauche, qui argue de violations  des droits de l’homme dans ces pays.  Il y a quelques jours, le gouvernement  allemand a annoncé la mise en place de  centres de rétention dédiés aux Marocains  et aux Algériens dans le but de les rapatrier  plus rapidement vers leurs pays d’origine.

Ce durcissement de ton de la part des  autorités allemandes a commencé après  les violences qu’a connues la ville de  Cologne le soir de Noël où plusieurs centaines  de personnes, en majorité des  réfugiés, auraient agressé des femmes,  agressions qui seraient allées parfois  jusqu’au viol.

Une enquête de police a  révélé que 40% des agresseurs étaient  originaires du Maroc. Plus malheureux  encore, ils avaient demandé le statut de  réfugié politique. Pour rappel, l’Agence  de coopération internationale allemande,  la GIZ, est très active au Maroc à travers  plusieurs projets socio-économiques