Le laisser-faire du gouvernement

CHERTÉ DE LA VIE

Les prix de la nourriture et du transport flambent. La vie est devenue trop chère pour les Marocains qui peinent à joindre les deux bouts. L’absence de contrôle et le laisser-faire encouragent intermédiaires et rabatteurs. Le chaos.

De ces deux choses l’une: soit les membres du gouvernement ne font pas le marché, soit ils sont servis chez eux gracieusement. Dans le cas de la seconde option, ils ne sauront jamais la température des prix sur les marchés. Autrement, comment admettre qu’en pleine crise économique caractérisée par la hausse du chômage et la baisse exponentielle des revenus des ménages, le gouvernement El Othmani n’intervient pas pour réguler les prix partis à la hausse depuis déjà trois mois au gré des intermédiaires et des rabatteurs?

Les prix des denrées alimentaires flambent (un kilo de tomate jusqu’à 10 ou 11 dirhams, un kilo d’oignons entre 6 et 7 dirhams, un kilo de courgettes à 15 dirhams, un kilo de carottes à 10 dirhams, un kilo d’oranges de piètre qualité à 14 dirhams …). Comment dans la région de Oualidia, les tomates sont exportées vers d’autres villes à 75 centimes ou 1 dirham le kilo sont vendues 10 dirhams à Casablanca. Qui profite de ce chaos? Quant aux prix du transport, ils sont livrés à la bonne volonté des transporteurs qui répercutent la perte liée à la diminution des places (à cause des mesures sanitaires préventives) sur le prix à payer par l’usager. Depuis le début de la pandémie, ils ont doublé. Chaque passager paie le prix double, sa place et celle qui restera vacante. Les Marocains n’en peuvent plus.

De cette situation, trois institutions assument une responsabilité directe: le gouvernement, le parlement et la banque centrale. Le gouvernement ne fait rien pour contrôler les prix de la nourriture et du transport. Les «représentants des partis politiques» ne défendent que les intérêts des leurs mais pas de ceux qui les ont portés au parlement. Et la banque centrale, qui gère l’indice de l’inflation sousjacente qui ne comprend pas les produits à prix volatil (produits laitiers, légumes…).

Des temps plus difficiles
Est-ce que l’Etat a jeté l’éponge par rapport à la situation épidémiologique seulement ou aussi par rapport à la régulation des marchés de gros (légumes, fruits et poissons)? Mais où sont passés le haut-Commissariat au Plan et le Conseil économique et social? A quoi servent-ils sinon à faire des rapports-constats auxquels le gouvernement n’accorde aucune attention? Qui défend le citoyen lambda, le ménage au revenu limité et modique, le père de famille sans-emploi qui bricole dans l’informel… qui cherchent tout bonnement à survivre par les temps qui courent?

Les temps sont difficiles. Mais l’absence de contrôle les rend encore plus difficiles pour une catégorie (la plus large) qui peine à joindre les deux bouts. La cherté de la vie est insupportable.


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