LA FUITE EN AVANT DU GOUVERNEMENT

LE FONDS SPÉCIAL TANT RÉCLAMÉ PAR LES CANCÉREUX NE VERRA PAS LE JOUR

Les cancéreux crient leur détresse. La rencontre entre Saâd Eddine El Othmani et les meneurs de la pétition contre le cancer, lundi 28 septembre 2020, n’aura finalement servi à rien. Se rangeant derrière la crise économique, le Chef du gouvernement leur propose quelques mesures légères et inconsistantes en guise de réponse à leurs doléances.

Les cancéreux vont malheureusement continuer à souffrir. Des souffrances qui se sont accentuées pendant cette crise du Covid. Soins coûteux et inaccessibles, absence de prise en charge, hôpitaux surbookés par les malades du Covid-19, tels sont les nombreux problèmes auxquels est confrontée cette population fragile qui ne cherche qu’à accéder aux soins nécessaires à des prix raisonnables. Mais force est de constater qu’il vont encore devoir prendre leur mal en patience.

Après avoir mené tout au long de ces derniers mois une pétition nationale pour inciter l’Etat à créer un fonds spécial destiné aux malades du cancer, les meneurs de cette pétition ont été reçus, lundi 28 septembre 2020, par le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, espérant ainsi une concrétisation de leurs doléances. Mais la déception est immense. Le fonds spécial qu’ils appellent de leurs voeux ne verra pas le jour. Ni maintenant ni plus tard. Crise économique oblige, le Chef du gouvernement leur a signifié que la mise en place de ce fonds est pour le moment impossible vu le contexte financier difficile auquel est confronté l’Etat.

Terribles souffrances
Mais il leur propose quelques petites mesures qu’il juge réalistes dans le cadre d’une longue réponse adressée aux signataires de la pétition. Le gouvernement s’engage ainsi pour l’adoption du plan national de prévention et de traitement du cancer 2020-2029, qui vise à réduire les taux d’incidence et de mortalité liés au cancer et à améliorer la qualité de vie des malades et de leur entourage, qui sera lancé prochainement. Parmi les actions proposées, il faut citer la généralisation de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus pour l’ensemble des filles âgées de 11 ans et qui visera 350.000 filles annuellement en vue d’éradiquer ce type de cancer pour les générations montantes, sachant que le Maroc enregistre 1.500 nouveaux cas chaque année et que le traitement nécessite 100.000 dirhams pour chaque cas.

Le Chef du gouvernement propose également la transformation de l’Institut national d’oncologie en établissement public doté de l’autonomie financière et administrative pour qu’il devienne un acteur national de référence en matière de prévention et de lutte contre le cancer, tout en renforçant ses missions et ses attributions dans les domaines de la recherche, des études et de la formation. Mais ces mesures, somme toutes légères et inconsistantes, ne permettront nullement de soulager les terribles souffrances des cancéreux qui sont désormais livrés à eux-mêmes face à un Etat incapable et faiblement soucieux des problèmes de cette population vulnérable.


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