Les lacunes du "plan marshall" de Amzazi

Tout en donnant de la visibilité pour l'année scolaire

Si la première épreuve de Saïd Amzazi a été plus ou moins facile, la seconde a été plutôt dure face à la commission de l’enseignement de la Chambre des représentants, qui avait déjà préparé une liste de failles.

Globalement, Saïd Amzazi a réussi sa première épreuve au Parlement, mardi 12 mai 2020. Hormis quelques failles dans son «Plan Marshall» relatif à l’enseignement primaire et secondaire post-confinement, les décisions prises ont donné de la visibilité pour l’année scolaire quelques jours seulement après que le chef du gouvernement, censé entériner préalablement ces décisions dans le cadre d’un conseil de gouvernement, a parlé d’une absence de vision.

Ainsi, intervenant lors de la séance des questions orales tenue aujourd’hui à la Chambre des conseillers, le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a révélé que les examens de la 1ère et de la 2ème années du bac seront organisés respectivement au mois septembre et juillet prochains, et concerneront uniquement les programmes dispensés avant la suspension des cours en présentiel, et que les examens normalisés de la 6ème année primaire et de la 3ème année du collège seront annulés conditionnant le passage à un niveau supérieur par les notes des contrôles continus déroulés en présentiel.

Si la première épreuve de Amzazi a été plus ou moins facile, la seconde sera un peu dure face à la commission de l’enseignement supérieure de la Chambre des représentants, qui a déjà préparé une liste de failles. «Je pense que c’est une bonne décision surtout concernant les bacheliers. Puisque s’ils passent leurs examens en juillet, ils auront la possibilité de s’inscrire dans les universités et écoles supérieures au Maroc ou à l’étranger à temps. Le seul hic est relatif à la question de l’égalité des chances mentionnée dans la Constitution et la loi-cadre sur l’enseignement. S’agissant des examens normalisés de la 6e année primaire et de la 3e année du collège de même pour les autres niveaux, la décision qui a été prise est impertinente car elle consacre la médiocrité. Un élève dont le niveau est faible devait passer l’obstacle de l’examen final. C’est l’ultime étape qui détermine son aptitude à passer au niveau supérieur ou pas. En le supprimant, tous les élèves, qu’ils soient excellents ou médiocres, particulièrement dans les écoles privées, réussiront», confie Mohammed Mellal, le président de la commission à Maroc Hebdo.

Le télé enseignement, un flop?
Pour ce député usfpéiste, à la limite, on peut passer outre la décision concernant les examens normalisés de la 6ème année primaire et de la 3ème année collège, pour éviter une année blanche. Mais la commission compte passer au crible l’évaluation de l’enseignement à distance qui, selon son président, pose un gros problème car la plupart des familles n’ont pas les moyens d’offrir à leurs enfants des outils technologiques et une connexion internet pour suivre les cours dispensés à distance et particulièrement dans le monde rural où la connexion fait défaut et les ménages sont assez pauvres pour se permettre d’acheter des smartphones ou tablettes. «Même si certaines familles procurent à leurs enfants ces outils, ces derniers ne sont pas en mesure de les utiliser», rajoute-t-il.

Pour apporter des éléments de réponse à cette question, le ministre Amzazi a lancé il y a trois jours un sondage sur l’évaluation de l’enseignement à distance. Pour le député Mellal, l’enseignement à distance est, grosso modo, un échec. «Une disposition dans la loi-cadre stipule que l’enseignement à distance est complémentaire et ne peut en aucun cas être une alternative à l’enseignement en présentiel. L’exception ne peut se substituer à la règle. Cette crise sanitaire a démontré que l’efficacité de l’enseignement à distance est très faible. Et puis le contact physique entre l’élève et l’enseignant et l’ambiance générale dans les classes sont incontournables», explique-t-il. Autre point de discorde à régler en urgence: les tarifs des écoles privées en temps de corona.

Aussi, après la décision de la suspension des études jusqu’en septembre et de la fermeture des écoles, les parents d’élèves sont désorientés et ne savent s’ils doivent honorer l’intégralité des frais des études ou encore les frais du mois de juin. Autant d’interrogations auxquelles le ministre Amzazi va répondre ce mercredi après-midi 13 mai 2020.

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