Laclasse.ma, comme la classe

Une plateforme en ligne pour suivre ses cours


Karim Derouich

Développée par dix ingénieurs marocains basés entre le Maroc et la France, laclasse.ma veut révolutionner l’enseignement en ligne en profitant de la crise actuelle.

Quelque 15.000 étudiants, répartis dans plus de 2.000 classes: moins de trois semaines après son lancement officiel, laclasse.ma est, pour le moins, parvenue à fédérer une large communauté sur le web. Mise en ligne le 18 avril après plusieurs semaines de développement par un groupe de dix ingénieurs basés entre le Maroc et la France, cette plateforme vise à faire bénéficier les élèves marocains de cours dans des conditions tout au moins analogues à celles qui étaient les leurs en classe. Selon Karim Derouich, un des dix ingénieurs suscités, laclasse.ma essaie de reproduire carrément la même expérience qu’en présentiel, et pour ce faire le concerné nous a indiqué que les équipes de la plateforme ont essayé d’échanger avec un maximum d’élèves et d’enseignants avant de commencer à plancher sur son architecture.

Une plateforme attrayante
“Un des points les plus importants que nous avons pu relever au cours de ces échanges est que les plateformes actuellement utilisées ne permettent pas vraiment d’interaction, ce qui fait que les élèves ne peuvent pas poser de questions aux enseignants quand ils en ressentent le besoin et cela mine par conséquent grandement la transmission du savoir,” déclare M. Derouich. S’inscrire sur laclasse.ma relève du jeu d’enfant: il suffit juste de posséder une adresse mail, et le tour est rapidement joué. Après la création de son compte, on a aussitôt accès aux cours. Elèves et enseignants peuvent, s’ils le souhaitent, se voir et s’entendre, et ces derniers ont la possibilité d’utiliser, comme à l’école, un tableau, pour au besoin y écrire. En théorie, le nombre de participants à un cours est illimité: récemment, nous confie M. Derouich, un webinaire a pu dépasser les 2.000 personnes.

Et surtout, la connexion ne trinque pas: les essais réalisés ont pu faire voir que la bande passante n’était pas consommée outre mesure. “Si l’on compare par exemple à YouTube, les flux utilisées demeurent minimaux,” détaille M. Derouich. Enfin, ce dernier ajoute que laclasse.ma a fait en sorte que même dans des zones où le débit n’est pas trop fort, notamment dans les zones rurales, les élèves puissent suivre les cours dans des conditions optimales, “même avec une 3G qui laisse à désirer”.

Ce qui, naturellement, peut rendre la plateforme attrayante pour des pays autres que le Maroc qui sont actuellement confrontés aux mêmes problèmes: quand nous lui avons posé la question, M. Derouich nous a d’ailleurs révélé que de nombreux gouvernements africains avaient pris attache pour pouvoir recourir à laclasse.ma -mais rien encore d’officiel, pour l’heure.

Natif de Fès en 1991 et “pur élève de l’école marocaine” comme il a tenu à le préciser, M. Derouich a effectué la majorité de son parcours universitaire en France, où il compte notamment des diplômes en business intelligence, informatique décisionnelle et audit des systèmes d’informations. Son rêve, souligne-til, est que l’école marocaine entre enfin de plain-pied dans l’ère du digital, en mettant intelligemment à profit la crise actuelle. “C’est maintenant ou jamais,” appuie-t-il.


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