Sans forcer, le premier secrétaire sortant reconduit à la tête de l'USFP

Et de trois pour Lachguar

Officiellement tenu pour élire son nouveau Premier secrétaire, le 11e congrès national de l’USFP n’a été au final qu’une cérémonie pour consacrer la suprématie de Driss Lachguar à la tête de la formation de la rose. Réélu haut la main pour un troisième mandat, l’ancien ministre incarne plus que jamais le parti.

Samedi 29 janvier 2021 matin, au complexe sportif Moulay Rachid de Bouznika. Le secrétaire général de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et candidat à sa propre succession, Driss Lachguar, entre dans la salle principale, où se tient, en forme hybride alliant présentiel et distanciel, le 11e congrès national du parti, sous les applaudissements de quelques dizaines de congressistes.

Ces derniers scandent quelques chants historiques de la formation socialiste, alors que les lumières roses à l’intérieur trahissent encore plus le désir des organisateurs de marquer un retour aux sources. Peut-être une façon de dire que le parti de Abderrahim Bouabid est toujours fidèle à ses principes, et surtout qu’il est toujours en mesure d’être une puissance redoutable sur l’échiquier politique marocain.

Trêve de nostalgie, Driss Lachguar se présente devant l’urne pour voter, après avoir dressé sa main très en haut en signe de victoire, entouré de ses soutiens au sein des hautes instances du parti. Ici, c’est lui le patron, le protagoniste incontesté. En ce deuxième et dernier jours du congrès, tous les yeux sont rivés sur lui, alors que toute forme de concurrence ou même de contestation s’est écrasée.

Rien de surprenant, alors que la plus fervente de ses détracteurs, Hasna Abouzaid, a préféré ne pas assister, après avoir tout fait pour s’opposer à la réélection de son rival. Celle-ci contestait notamment le changement des lois internes du parti, qui autorisent désormais de briguer un troisième mandat, afin de barrer la route à Lachguar, déjà à la tête de l’USFP pour deux mandats depuis 2013. En vain, alors que le chef du parti semble avoir bien préparé le terrain et rallié les cadres actuels à sa cause.

Faux suspense
D’ailleurs, lors de la séance inaugurale vendredi, les congressistes avaient procédé à l’adoption d’un projet d’amendement sur le plan organisationnel de certaines dispositions des statuts du parti concernant le mode d’organisation du congrès, l’élection du Premier secrétaire ainsi que les membres du conseil national, des secrétariats régionaux et du bureau politique, principalement les dispositions relatives à la candidature pour un troisième mandat dans l’ensemble des structures du parti.

Samedi, les quelque 1.344 congressistes procèdent à l’élection du Premier secrétaire du parti, mais aussi les membres du conseil national, le bureau politique et les secrétariats régionaux. Un grand écran installé dans la salle principale diffuse en direct l’opération de vote organisée dans les différents sites régionaux, pour garantir la transparence totale du processus.

Le faux suspense prendra fin officiellement quelques heures plus tard, avec l’annonce des résultats finaux. Sans grande surprise, le Premier secrétaire sortant est réélu à la majorité absolue avec 1.158 voix, contre 77 en faveur de Tarik Sellam, sur 1.235 suffrages exprimés.

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