La réponse au terrorisme passe par une action qui vise les fractures sociales selon Nezha El Ouafi

Nezha El Ouafi Nezha El Ouafi

La parlementaire marocaine Nezha El Ouafi a estimé que la réponse au terrorisme et la radicalisation devra passer par une action qui vise les fractures sociales et développe une éducation citoyenne.

Lors d'un débat sur le terrorisme et la radicalisation, dans le cadre de la plénière de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg, Mme El Ouafi a relevé que "l'idéologie extrémiste et les organisations qui la véhiculent sont dangereuses à de multiples égards" et que leur condamnation "doit s'accompagner d'une analyse rigoureuse des causes et des zones d'ombre".

"Les sociétés européennes ne doivent pas prendre le risque de casser la confiance : elles doivent refuser les amalgames et lutter contre les discours islamophobes", a-t-elle souligné.

La parlementaire marocaine a estimé que pour "combattre Daech, la stratégie doit être d'apporter des réponses politiques aux conflits en Syrie et en Lybie" et l'Union européenne devrait "renforcer son soutien aux pays qui connaissent une transition économique et démocratique après le +Printemps arabe+".

"Il faut agir sur les problèmes de société qui ont produit les monstres terroristes. La politique peut apporter des réponses en protégeant les jeunes musulmans issus de l'immigration. La marginalité socio-économique s'accompagne malheureusement souvent d'une ségrégation sociale, qui conduit de jeunes musulmans européens vers le terrorisme", a-t-elle estimé.

La lutte contre Daech, selon elle, consiste aussi "à protéger ces jeunes de la manipulation culturelle et religieuse de cette organisation en Europe, à les éduquer en matière religieuse par le biais d'interlocuteurs rodés et respectés sur le terrain et à prendre plus au sérieux les réalités sociales pour éviter la marginalisation des cibles potentielles". 

"Les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste.

Ce n'est pas l'islam qui produit les terroristes. Ces derniers se revendiquent de l'islam mais n'ont rien à voir avec l'islam", a-t-elle soutenu, affirmant qu'ils "sont le produit de toutes les fractures et les déchirures de la société, d'un parcours compliqué, de l'immigration et de la complexité internationale".