La polémique sur les retraites des ministres et des parlementaires reprend de plus belle

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Surenchère. Depuis la fameuse déclaration des «deux francs» de la ministre délégué, Charfat Afilal, les pensions des ministres et des parlementaires ont été placées au coeur du débat public. Un dossier sensible alors que les législatives de 2016 s’approchent.

La polémique sur les retraites  des parlementaires et des  ministres est devenue une  véritable boule de neige,  s’agrandissant de jour en  jour, alimentée par les interventions  de plusieurs acteurs de la scène  publique nationale. Depuis le 15  décembre 2015, lorsque la ministre  déléguée chargée de l’Eau, Charafat  Afilal, a comparé les indemnités des  parlementaires et des ministres à la  modique somme de «deux francs», ce dossier est devenu une véritable  affaire d’opinion publique.


Rente à l’hémicycle
Une vingtaine de jours après,  précisément le 2 janvier 2016,  c’était, enfin, le tour du Chef du  gouvernement Abdelilah Benkirane,  d’étaler son point de vue sur ce  sujet brûlant. Et il faut dire que le  chef de l’exécutif n’a pas appris la  leçon et a commis la même «erreur»  de sa ministre. S’exprimant lors d’une rencontre avec la jeunesse  de sa formation politique, le Parti  de la justice et du développement  (PJD), Benkirane a, lui aussi, tenté de  minimiser le coût des retraites des  ministres, précisant que le nombre des  ministres concernés par ces pensions  est «seulement de 131», soit un budget  annuel de «24 millions seulement»  seulement.


Des déclarations qui ne sont pas  passées inaperçues, provoquant l’ire  de l’opposition. Abdelaziz Benazouz, président du groupe parlementaire du Parti  authenticité et modernité, estime que les  déclarations du Chef du gouvernement  constituent un «manque de respect» pour  le peuple marocain, tout en expliquant la  vision de son parti par rapport à ce dossier.  «Pour les retraites des parlementaires,  notre parti prépare une proposition de  loi pour mettre fin au système de rente  actuelle», nous révèle-t-il. En effet, l’Etat,  à travers l’institution du Parlement, paie  2.900 dirhams par mois, soit la moitié des  cotisations des parlementaires, alors que  le parti du tracteur veut que la retraite  devienne facultative et complémentaire.
L’objectif étant tout simplement de pousser  tout parlementaire voulant bénéficier d’une  retraite, à honorer la totalité de sa cotisation.  Un avis que toutes les formations politiques  semblent, plus ou moins, partager, à  l’image de Abdelaziz Aftati, du PJD, qui  appelle à ce que les pensions de retraite ne  soient versées aux parlementaires qu’à l’âge  de la retraite.


Récupération politique
Ainsi, ce dossier est devenu une arme  politique, voire électoraliste dans le duel  opposant la majorité à l’opposition. Bien  que les deux camps ne cessent de mettre  en garde contre toute surenchère, les  législatives de 2016 sont déjà dans les  esprits. Il n’est pas question donc de se  laisser dépasser dans cette polémique  soigneusement suivie par l’opinion publique,  notamment sur les réseaux sociaux. A ce  titre-là, Slimane El Amrani, vice-secrétaire  général du PJD, estime que le débat lancé  depuis la déclaration de la ministre Afilal est  positif, tout en regrettant certains dérapages  relevés, comme «l’atteinte à la dignité  des ministres et à l’image des institution  de l’Etat».
En attendant, le bureau de la  Chambre des conseillers devait organiser,  le 13 janvier, une journée d’étude autour  des pensions des parlementaires, alors que  celles des ministres semblent encore plus  compliquées. En effet, aucune loi ne régit les  retraites des ministres, mis à part un dahir  qui n’a jamais été publié dans le Bulletin  officiel.


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